BERNARDINO RIVADAVIA 447 c 311 L'évaluation sera faite par un jury réunissant toutes les garanties voulues d'impartialité; « 4• Après le délai de dix ans, la législature nationale déterminera le canon que les bénéficiaires de l'emphytéose auront à payer • au trésor public, apl'ès estimation nouvelle de la nouvelle valeur de la terre. « 5°Les baux emphytéotiques devront durer au moins vingt ans, et ils pourront être renouvelés indéfiniment; (< 6° Les baux emphytéotiques seront transmissibles. ,, Oomme consécration de cet acte magnifique, Rivadavia fut élu président; H pouvait donc paraître que la République Argentine, à la voix d'un homme de génie, allait se mettre à la tête clel'évolution économique contemporaine et servir d'exemple aux nations. Fugitive espérance sur laquelle la réalité souffla de son haleine froide et mortifére. Trop rapide avait été !'élancée vers l'avenir; une lourde réaction se préparait. Les gros propriétaires s'élevèrent vivement contre ces nouveautés agraires qui limitaient leurs droits par le droit collectif, ils s'allièrent sans scrupule aux fédéraux des provinces scissionnaires pour ruiner le pouvoir de Rivadavia. Ce dernier, qui avait en ce moment une guerre avec le Brésil sur les bras pour la· possession de l'Uruguay, ne voulut pas compromettre par la guerre civile la sécurité de sa patrie, il descendit noblement du pouvoir et - ce fut là le grand malheur - la rénovation agraire qu'il avait commencée tomba avec lui. Les fédéraux triomphèrent donc et ce fut, dit M. Peyret, une espèce de dissolution nationale. Dorrego, général fédéraliste, fut nommé gouverneur de Buenos-Ayres. Mais si Rivadavia, écœuré. de • ces compétitions, avaient cédé sans résistance, il n'en fut pas de même de tous ses.partisans. Le général unitaire Lavalle refusant d'accepter le nouvel ordre de choses, se mit à la tète de l'armée platéenne, revenu de l'Uruguay, après la paix avec le Brésil, et vainquit Dorrego qu'il fit fusiller (1828). • Cette barbare exécution ne fit qu'attiser plus vivement la guerre civile; les représailles sanglantes alternèrent et tous ces conflits aboutirent à la honteuse et cruelle dictature- de Rosas, candidat des riches. Dans la douleur de toutes ses espérances moi·tes et pleurant sur sa patrie asservie et dévoyée, Rivadavia se retira à Montévideo, puis au Brésil, puis finalement à Cadix, où il mourut en 1845. Ayant de nouyeau -conquis sa liberté, la République Argentine 5'honora, en 1857, en se ressouvenant du plus irréprochable et de l'un des plus illustres de ses enfants. Les cendres de Rivadavia
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