446 LA REVUE SOCIALISTE Congrès d'Aix-la-Chapelle les conditions de l'indépendance sudaméricaine. Naturellement, les chancelleries impériales et royales ne voulurent rien entendre et osèrent exiger la soumission pure et simple de ceux qu'ils appelaient « des colons rebelles. » C'était aussi imprudent qu'impudent. Les Sud-Américains, d'après les conseils de leur délégué, finirent par où ils auraient dûcommercer; ils se proclamèrent indépendants et en république. • Rivadavia, que son troisième séjour en Europe aYait fortifié dans ses préférences jacobines, se prononça fortement pour une constitution unitaire. Faute grave, la plupart des provinces représentées repoussèrent violemment cette forme de gouvernement et il y eut scission~toutefois la province de Buenos-Ayres se donna un gouvernement centraliste et démocratique dont RivadaYia fut le principal ministre (1820-1824). La rapide organisation de la République Argentine, dûe aux éminentes capacités politiques du ministre organisateur mit en grande faveur le nouveau gouvernement; RiYadaviajugea le moment venu de donner à son pays une constitution républicaine définitive, complétée par une organisation sociale de la propriété foncière. L'étude et l'expérience avaient mûri sa pensée; aussi s'éleva-t-il cette fois de· cent coudées au-dessus des enfantines rêveries de Saint-Just. Il eut une aperception géniale de la véritable forme propriétaire de l'avenir et découvrit que le droit individuel et le droit social, P-nantagonisme permanent dans la vieille Europe et dans l'Amérique du Nord, trouvaient leur solution, en fait de propriété terrienne, dans la généralisation de l'emphytéose, sorte de propriété sociale dont l'individualisme outrancier de la société bourgeoise allait s'éloignant de plus en plus au grand détriment de la justice économique, hors de laquelle il n'est pas d'ordre social possible. Nous exposerons le mécanisme de l'emphytéose rivadaùenne dans la seconde partie de cette étude. Donnons seulement le dispositif sommaire de la mémorable loi agraire du 18 mai 1826, qui couronne clignement les savantes et majestueuses délibérations du Parlement argentin, que Rivadavia avait pénétré de son ardeur généreuse : ~ 1~Les terres de propriété publique. dont l'aliénation a déjà été prohibée sur le territoire de l'État argentin par la loi provisoire du 15 février 1826, seront données en emphytéose pour un terme d'au moins vingt années-~à partir du }c.c mai 1827; « 2° Pendant les dix premières années, celui qui reœvra un lot quelconque de terre, paiera au trésor public la rente ou canon correspondant à huit pour cent sur la valeur' attribuée au dit lot de terre S:ils'agit de te~res destinées au pacage, et de quatre pour cent s'il s'agit de terres, destinées à la culture proprement dite;
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