442 LA REVUE SOCIALISTE de cette idée caractéristique élu régime bourgeois, que l'État et la Commune(celle-ci avec l'autorisation de l'État)ontle droit d'aliéner en tout ou en partie le domaine public (sans se préoccuper de la question de savoir si cette aliénation ne se fait pas au détriment des générations à venir), l'État a concédé à perpétuité les mines a des compagnies particulières; c'est ainsi que les législatures bourgeoises, tout en reconnaissant en théorie que les mines sont des propriètés de la nation, constituèrent néanmoins ces mines eù propriétés privées. Mais, si les législateurs bourgeois ont fait ces concessions à perpétuité et aliéné ainsi abusivement ces parties si importantes du domaine public, ce n'est pas une raison pour que le prolétariat sanctionne cet abus et le continue. Les mines, et en général le soussol, doivent 1·entrer à la propriété collective de la société, tout autant que le sol lui-même. Mais l'exploitation des mines doit-elle se faire pour le compte de l'État, oupour le compte de compagnies ou d'associations particulières? Nous croyons, quant à nous, que cette exploitation est du ressort de l'État, et cela pour les raisons sui~ vantes : 1 ° parce que les mines, carrières, etc., sont nécessairement des monopoles, puisque les terrains à houille, à.minerais, à marbre, à pierre bleue, à pavé, à arùoise, sont nécessairement assez limités, et que tout monopole aux mains de particuliers ou d'association:-; quelconques, peut devenir le point de départ de spéculations et de rançonnements exercés sur le public ; 26 parce que les mines, carrières, etc., et surtout les charbonnages, étant concentrés entre les mains de quelques puissantes compagnies fusionnées, ou, Rinon fusionnées, du moins réunies de fait entre les mains de quelques hauts seigneurs qui sont à la tête des grandes sociétes financières (en Belgique, la Société gériérale et la Société des charbonnages réunis de Charleroi, par exemple), sont devenus ipso facto des entreprises sociales auxquelles il ne manque que d'être placées sous la gestion de l'État; 3° parce que l'industrie houillère en particulier, par suite de la substitution de plus en plus générale de la machine à vapeur au travail musculaire de l'ouvrier dans presque toutes les industries, doit distribuer régulièrement à tout l'appareil industriel moderne son pain quotidien, qui est la houille, c'est-a-dire le calorique, c'est ... à-dire le mouvement ; et que, par suite de cet état de choses, la pro~ duction moderne se trouve sous la dépendance de l'industrie houiJ... 1ère, laquelle est ainsi devenue un véritable service public d'un genre particulier, un service public destiné à fournir à la production son aliment indispensable, l'élément essentiel de sa vitalité, la force motrice. CÉSAR DEPAEPE, (La sùite au prochain numéro.)
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