La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

DES SERVICES PUBLICS 441 sources matérielles? Que devient alors l'enseignement inte'gral. sinon le privilège de quelques-uns, le privilège des mieux placés? Avec l'absence d'enseignement intégral, égal pour tous et commun à tous, se trouverait éternisée l'anarchie intellectuelle et morale. qui ne pourrait manquer de reproduire un nouvèl état anarchique dans les relations économiques des hommes ; telle Commun~ où l'enseignement serait incomplet ou presque nul, fournirait à la société des hommes imbus de préjugés ou d'idées fausses, et basant nécessairement leur morale, leurs action!-. leurs relations avec les autres hommes, sur ces préjugés et ces idées fausses ; tandis que telle autre Commune, où l'enseignement serait complet, fournirait a la société des hommes éclairés par la science, basant leur morale, leurs actions, leurs relations avec les autres hommes, exclusivement sur les vérités scientifiques. Nous n'avons pas besoin de nous étendre davantage sur ce point. Le droit de tout enfant à l'instruction intégrale et le devoir pour la société de donner cette instruction, sont choses désormais admises par toutes les écoles socialistes; 01', pour qu'il puisse être intégral, égal pour tous et commun à tous, nous croyons que l'enseignement. doit être considéré comme un service public dont la charge incombe à l'État. Quant aux bibliothèques publiques, aux collections scientifiques et autres, aux musées, aux jardins d'acclimatation, aux galeries des tableaux, etc., on conçoit que l'État et la Commune peuvent tous les deux avoir de semblables institutions dans leur ressort; la décision de ces points-là n'a nullement l'importance de la question que nous venons de discuter relativement à l'enseignement. VII Bien plus essentielle est la question de l'exploitation des mines. Que la propriété des houillères, carrières, ardoisières, etc., revienne de droit à la société, c'est ce qui n'est guère contestable; et c'est ce que.même les législations actuelles paraissent reconnaître implicitement, puisque des compagnies ou des particuliers, pour exploiter les mines, doivent en obtenir la concession de l'État, et puisque, la concession accordée, ces exploiteurs n'en restent pas moins, de par la loi, sous la surveillance d'un corps d'ingénieurs nommés par l'État. Il est vrai que longtemps les juristes et les économistes individualistes ont agité entre eux la question de savoir si la propriété de la mine revenait de droit aux propriétaires de la surface (Dunoyer), ou a celui qui découvrait le gisement (Turgot), ou a l'État (Mirabeau, Ch. Comte); mais dans les lois, c'est cette dernière opinion qui a prévalu, bien que le CodeNapoléon dise que Ja propriété de la surface emporte celle du fond. Seulement, partant

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