440 LA REVUE SOCIALISTE tration respective, nous n'avons cité ni l'enseignement, les bibliothèques publiques, les musées; ni le senice des mines; ni l'administration du domaine foncier, c'est-à-dire de la terre devenue propriété collective. C'est que nous avions, relativement à ces services, certaines remarques particulières à faire. Nous ne pouvons ici discuter à fond ces questions qui, du reste, ont fait l'objet de quelques petits travaux que nous avons adressés à différentes assemblées (notamment aux Congrès d'étudiants tenus à Bruxelles en 1868et à Gand en 1869, et aux Congrès ouvriers tenus à Lausanne en 1867, à Bruxelles en 1868et a Bâle en 1869);mais nous croyons, cependant, devoir entrer dans quelques détails concernant ces sujets. A propos de l'enseignement, nous feron~ remarquer que l'enseignement n'est pas nécessairement, c'est-à-dire de sa nature même, un service public, comme l'est, par exemple, l'entretien des rues et des chemins. On peut très bien se figurer une société où l'enseignement serait exclusivement une affaire privée, sans intervention ni de la Commune, ni de l'État; et dans toutes les sociétés possibles, une partie de l'enseignement, surtout celle qui se fait par les causeries, par les conférences, par la presse ou les li-rres imprimés ou les manusc:rits, par les meetings, etc., est et sera toujours nécessairement soustraite à l'intenention de la Commune:ou de l'État. Si l'enseignement doit être considéré_comme un service public, c'est exclusiyement au point de vue de son utilité sociale; et c'est aussi en se plaçant à ce point de vue, que doit être débattue la question de savoir si l'enseignement, considéré comme seryice public organisé en faveur de l'enfance (c'est-à-dire abstraction faite de tout enseignement qui peut être donné à l'adulte par- les livres, par les cours publics ou privés, gratuits ou onéreux), si cet enseignement doit être du ressort de la Commune ou du ressort de l'État. Chacune de ces deux opinions a ses adeptes, et, il· faut le dire, ses raisons. Si l'on se plaçait au point de Yue de l'indépendance du professeur, des élèves et des chefs de famille, cette discussion pourrait nous conduire loin, parce que nous rencontrerions une foule d'arguments pour ou contre l'un ou l'autre système; mais n'oublions pas que nous nous plaçons au point de vue général, au point de vue de l'utilité sociale. Or, en nous plaçant à ce point de vue, nous croyons que l'enseignement doit être intégral, c'est-à-dire scientifique et industriel à la fois, théorique et pratique, et pa11 conséquent égal pour tous et commun à tous. En abandonnant l'enseignement aux soins de la Commune, n'aurons-nous pas dans telle Commune un enseignement bien plus approfondi, bien plus scientifique, par exemple, que dans telle autre, ne fût-ce que par suite des avantages de telle Conimune sur telle autre, au point de vue des res-
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