La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

436 LA REVUE SOCIALISTE rait. comme aujourd'hui, dans la circulation et se convertirait :finalement en espèces métalliques; ou bien il devrait pouvoir se diviser en coupons, ou bien se convertir en bons d'échange, ou bons de cfrculation. De ces derniers une partie serait remise à chaque producteur, à chaque ouvrier, comme rétribution de son trayail et au prorata de son travail, c'est-à-dire proportionnellement à sa participation à la création du produit collectif; le bon de circulation, à son tour, quelle que fût sa forme (papier ou jeton métallique), serait une monnaie courante avec laquelle le travailleur ou sa ménagère irait se fournir, aux halles ou aux bazar~, des objets nécessaires à l'entretien ou à l'agrément des individus et des familles. Mais toute la valeur représentée par notre espèce de warrant, qui lui-même représente le pl'oduit déposé, ne pourrait, nous l'avons déjà dit, être divisée en bons de circulation délivrés aux travailleurs du groupe producteur; il est aussi nécessaire d'épargner ou plutôt de capitaliser une pa1·tiedes produits du travail, ne fût-ce que pour réparer et améliorer le matériel; cette partie du warrant, pourrait donc servir, à l'association elle-même, de moyen pour se procurer les matériaux dont elle a besoin. Le warrant devient ainsi un instrument de crédit pour les associations ou pour parler plus exactement, un instrument d'échange; car ces matériaux. seraient fournis à l'association par ces mêmes établissements communaux qui au1·aient délivré le warrant. Ces établissements rentreraient ainsi en possession de la totalité des coupons du warrant qu'ils auraient délivré ou des bons de circulation émis, d'un côté par les acquisitions faites par le::;travailleurs en vue de la consommation, d'un autre côté par les acquisitions faites pal' les groupes producteurs en vue d'une nouvelle production. Ce que nous disons ici pour les produits des associations ouvrières, doit s'entendre aussi pour les produits des travailleurs individuels, ainsi que pour les produits dont l'Etat et la commune croiraient devoir se réserver le monopole. En donnant cette esquisse rapide des procédés commet·ciaux que la commune pourrait employer pour constituer le commel'ce véridique, nous n'avons pas voulu donner un plan pour la réforme commerciale, mais seulement citer un exemple. Il est très probable que dans le procédé que nous venons de décrire, il y a bien <leslacunes et bien des défectuosités; nous laissons aux connaissances des spécialistes en matière de commerce et de circulation, et surtout à l'expérience de l'avenir, le soin de combler les\unes et de redresser les autres. Quoi qu'il en soit, le commerce nous paraît devoir être, dans l'avenir, un service public dont la charge incomberait à la commune; ainsi serait abolie l'anarchie commerciale d'aujourd'hui,avec toutes ses conséquencesdésastreuses: pullulation d'une nuée d'intel'-

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