La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

DES SERVICES PUBLICS 429 GNIES PRIVÉES, et en genéral de toutes espèces de munitions, BIEN QU 0 APPARTENANT A DES PERSONNES PRIVÉES (1). Dans l'hypothèse où nous nous plaçons, le personnel de ces grandes entreprises n'ayant pas eu le temps de se constituer en compagnies ouvrières, et les compagnies de capitalistes ne pouvant offrir à la Révolution des garanties suffisantes, il est évident que ces grandes entreprises, ces grands services publics se trouveraient entièrement entre les mains de l'Etat, non point d'un Etat organisé fédérativement du bas· vers le haut, non point d'un Etat constitué par la fédération libre des Communes, mais d'un Etat organisé autoritairement, du haut vers le bas, d'un Etat dictatorial, pour tout dire. Commeon le Yoit, cette objection contre [une organisation sociale basée sur la fédération libre des Communes autonomes, n'est pas une objection de principe; elle ne détruit en rien l'excellence de ce système fédéraliste, pour l'avenir; elle prétend seulement que la Révolution sociale, au lieu de se faire dans ees conditions-là, pourrait bien, par suite de certaines éventualités, s'effectuer dans des _conditionsentièrement opposées. L'autre objection, au contraire, au lieu de s'appuyer sur des considérations relatives à un état de choses imminent ou au moins éventuel, s'appuie sur des raisonnements qui n'ont de valeur qu'au point de vue d'un avenir éloigné, qu'au point de vue d'un état de choses où la question sociale serait déjà résolue, au moins dans ses grandes lignes. Il est incontestable qu'actuellement,le groupement par corporations de métiers, est une des tendances les plus positives du mouvement ouvrier; et il est incontestable aussi, qu'une organisation de la Communeet de l'Etat reposant sur ce groupement corporatif ou professionnel, serait bien plus rationnelle qu'une organisation qm ne repose que sur un groupement territorial arbitrairement limité. Mais en sera-t-il toujours ainsi? Cegroupement corporatif aura-t-il toujours l'importance qu'il a aujourd'hui, qu'il avait déjà dans le régime des Communes au Moyen-âge et qu'il aura longtemps encore? Remarquons d'abord que dans la société future l'instruction intégrale, à la fois scientifique et· industrielle, théoriqùe et pratique, rendrait l'homme apte à exercer un assez grand nombre de professions différentes, et qu'ainsi chacun pourrait fort bien se livrer à plusieurs métiers, soit simultanément, soit successivement, mais toujours en un laps de temps assez court. Il en résulterait déjà que le même homme ferait partie d'un certain nombre de corps de (i)Etoile belge du 25 août 1874 (édition du soir),4e colonne,dans le compterendu de la séance du 12 aoùt, d'après le journal la République française.

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