La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

DES SERVICES PUBLICS 427 Ainsi donc, à la Commune les services publics simplement locaux, communaux, sous la direction de l'administration locale, nommée par les corps de métiers de la localité et fonctionnant sous l'œil de tous les habitants. A l'Etat, les services publics plus étendus, régionaux ou nationaux, sous la direction de l'administration régionale, nommée par la Fédération des Communes et fonctionnant sous l'œil de la Chambre régionale du travail. Est.ce tout? Non; il y a et il y aura de plus en plus des services publics, qui, par leur nature, sont internationaux ou interrégionaux. (ici les noms importent fort peu). Pour ceux.là, il faut une fédération internationale, et nous dirions volontiers universelle, humanitaire ou planétaire, si nous ne reconnaissions que, vu l'état excessiYement arriéré de certains peuples, il faudra bien du temps avant que ces épithètes répondent à la réalité des choses. Nous n'avons pas besoin d'indiquer comment cette constitution suprême de l'Humanité aurait besoin égalemeHt de son ou de ses administrations de. senices publics universels; elle aurait les mêmes bases sans doute que celles que nous avons indiquées pour la constitution de l'Etat, et elle aussi aurait sans doute sa Chambre internationale de métiers, formée par les mandataires des fédérations internationales du travail, dont quelques-unes commençent déjà à se former en ce moment par l'initiative des trades unions anglaises. IV Telle est l'idée que nous pouvons nous faire d'une organisation de l'Etat qui sera.it basée sur le groupement spontané des travailleurs. Nous sommes fort enclin à applaudir à cette organisation spontanée et libre, où le groupement économique est la base fondamentale df:' l'ordre, où les administrations locales n'appaeaissent que pour le besoin des services généraux, sans constituer pour cela ni un pouvoir législatif, ni un pouvoir judiciaire. Et cependant, il nous reste ici une arrière-pensée que nous nous croyons obligé d'exprimer ouvertement. Cette arrière-pensée est basée sur une double objection, dont il est impossible de ne pas tenir compte. D'abord, cette organisation présuppose le groupement complet des travailleurs en corps de métiers; or, ce groupement, il faut bien en convenir, est à peine ébauché pour les travailleurs de l'industrie proprement dite; et pour les travailleurs de l'agriculture,il n'en existe guère d'exemples qu'en Angleterre, et en Espagne depuis peu de temps. Avant que ce groupement ne se complète et ne se consolide au point de constituer Yéritablement une Commune dans la Commune et un Etat dans l'Etat, il faudra bien du temps encore. Or, en présence de la dissolution qui s'est emparée de la classe bour-

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