La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

424 LA nEVUE SOClALISTE Jusqu'ici rien de mieux. Mais nous nous demandons si les collectivités ouvrières, si les corps de métiers groupés dans une même lo~alité, si cette Commune de travailleurs, en un mot,le jour où elle aura remplacé la Commune officielle d'aujourd'hui ou Commune bourgeoise, ne se trouvera pas, tout comme cette dernière vis-à-vis de certains services publics dont la continuation est indispensable à la vie sociale? Nous nous demandons si, dans la Comi:nunenouvelle. il ne faudra pas de la sécurité, un état civil, un entretien des rues et des places publiques, de l'éclairage dans les rues, des eaux potables à la maison, le curage des égouts, et toute la série des services publics que nous avons cités au début de ce travail? Ne faudrait-il pas que les groupes ouvriers, les corps de métiers de la Commune, choisissent dans leur sein des délégués à chacun de ces senices publics, des délégués chargés de faire fonctionner ces divers services, à moins que ces groupes ne préfèrent, d'un bloc, nommer une délégation qui se partage la direction de ces divers services? Dans l'un comme dans l'autre cas, n'avez-vous pas ainsi une administration locale des services publics, une administration communale? Mais tous les services publics ne peuvent être faits par une administration purement locale, puisqu'un grand nombre d'entre eux, précisément les plus importants, sont par leur nature même destinés à fonctionner sur un terrain plus vaste que celui de la Commune. Est-ce une Communequi va diriger les chemins de fer, entretenir les grandes routes, endiguer les :fleuves, canaliser les rivières, se charger de l'expédition des lettres et des dépêches télégraphiques vers les autres localités, etc, etc.? Evidemment non! Il faut donc bien que les communes s'entendent, se constituent en Fédération des Communes, et choisissent une délégation qui s'occupe de ces services publics. Que cette délégation soit nommée globalement pour l'administration de tous les grands services publics régionaux, ou spécialement pour tel service particulier, il n'importe; ces dèlégués, devant dans tous les cas, avoir entre eux des rapports directs et suivis, constituent toujours une administration publique, régionale ou nationale, le nom ne fait rien à la chose. Dans le début, n'est-il pas plus que probable, qu'à défaut d'autres bases que les traditions et la langue, ces régions ou nations correspondraient généralement aux nationalités actuelles ou, du moins, aux principales gt'andes chistes et qui forment le principal groupement du prolétariat espagnol. Les anal'chistes de l'heure présente (hormis en Espague) ont changé complètement de tactique: ils luttent presque autant contre les unions ouvrières, chambres syndicales, etc., que contre les mouvements politiques; ils sont loin de voir dans les groupements économiques de la classe ouvrière l'embryon de l'organisation économique dans laquelle viendraient se dissoudre un jour tous les Etats et formes purement politiques des sociétés humaines.

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