La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

DES SERVICES PUBLICS 423 étendue de la force collective et de la division du travail, l'introduction incessante de puissantes machines mues par la vapeur et transmettant le mouvement à une foule d'outils et de machinesoutils, nécessitant par conséquent la réunion des travailleurs en grandes masses dans de vastes usines, que tout cela ne pouYait qu'accroître chaque jour le domaine de la grande industrie. Ils ont vu que dans cette grande production moderne,l'ouvrier isolé ou l'artisan, faisait place à des travailleurs collectifs, à des collectivités ouvrières; ils ont vu que ces collectivités ouvrières 0 ayant vis-à-vis d'elles des capitalistes associé dont les intérêts sont diamétralement et ouvertement opposés aux leurs (1), devaient immanquablement se constituer en groupes de résistance, en imions de métiers, et même entraîner dans ce mouvement les h'availlours de la petite industrie (2); qu'ainsi le groupement par corps de métiers devait se généraliser ; et ils en ont conclu que cette organisation spontanée de la classe ouvrière devait servir de base à un groupement social nouveau, non sans analogie avec le groupement spontané des communes bourgeoises du moyen àge : la communauté d'intérêts devant inévitablement pousser les corps de métiers à s'entendre pour se soutenir les uns les autres, il en résulterait tout un ensemble de fédérations d'abord locales, puis régionales, puis internationales. Bien plus, non content de ces observations théoriques, ils ont mis la main à l'œuvre: Comme les ouvriers anglais, ils ont fondé des trades-unions, ils les ont fédérées entre elles et ils .:int, avec raison, voulu constituer l'Association internationale sur cette base fédérative et économique. Alors, ils ont opposé ce groupement des collectivités ouvrières, qui a ses racines dans les profondeurs de la vie économique moderne, au groupement plus ou moins factice et suranné des Communes et des États purement. politiques, et proclamé la déchéance future de ces derniers (3). • (1) Voir Dupout-Whitfl,sur les Relations du Travail avec le Capital. (2) La constitution de la grande industrie, la formation des collectivités ouvrières qui en résulte, le groupement fédératif des travailleurs, tout cela est bien un argument en faveur de la substitution d'un groupemellt purement économique aux groupements politiques actuels; mais nous somme~ loin de prétendre que l'école an-archique R. seule bien observé et analysé ces tendances. Presque toutes les écoles socialistes, et aYec elles les économistes les plus éminents de notre époque, Carey, S. Mill, Fawcett, Harrisson, l'historien Beesly, ont reconnu ces tendances et leur grande portée pour l'avenir; mais nulle part ces tendances n'ont été plus profondément analysées que dans les opuscultis de Ferdinand Lassalle et dans les ouvrages de Karl Marx, surtout dans son livre Das Kapital. , (3) C'est ainsi qu'on entendait jadis l'an-archie parmi ltis groupes anarchistes de l'Association internationale des travailleurs, notamment en Belgique, en Hollande, dans le Jura bernois, en Espagne.Dans ce dernier pays, c'est encore ainsi que l'entendent les fédérations ouvrières qui se disent collectivistes-ana,r ..

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