422 LA I\IDVUÉ SOCIALISTE DES SERVICESPUBLICS :co§§<:>o>0<>-o-- (Suite). III. Mais cette situation qui, au fond, n'eRt contradictoire qu'en apparence, n'est rien encoee auprès de celle dont nous allons parlee à présent.. Partant de la notion de l'Etat telle qu'elle nous est tram,- mise par l'histoire de tous les pays, c'est-à-dire de l'État despotique, de l'État qui partout. n'a été jusqu'à présent que l'organisation de la domination d'une famille, d'une caste ou d'une classe sur la multitude réduite à l'état de servitude légale et économique, un grand nombre de socialistes ont crié : Guerre a l'État! Ils ne veulent entendre parler de l'État sous quelque forme, avec quelque acception ·que ce soit. Ils déclarent très nettement vouloir la destruction absolue de l'État, de tous les États; et les plus logiques d'entre eux,voyant bien que la Commune n'est, en définitive, qu'un petit État, qu'un État dont le territoire est moins étendu, dont les fonctions s'exercent sur une moindre échelle que les États ordinaires, déclarent ne pas plus vouloir de l'État communal, que de l'État proprement dit. Ils ont inscrit sur leur drapeau le mot : Anarchie l Non pas « anarchie » dans le sens de désordre, puisqu'au contraire ils croient pouvoir arriver à l'ordre vrai, par l'organisation spontanée des forces économiques; mais" An-archie », dans le sens où l'entendait Proudhon; c'est-a-dire l'absence de pouvoir, absence d'autorité, et, dans leur idée, dans le sens d'abolition de l'État, les mots autorité et pouvoir étant à leurs yeux absolument synonymes du mot État. Maisà côté de cette notion traditionnelle et historique de l'État, lequel, en effet, n'a jamais. été jusqu'à présent qu'une autorité, qu'un pouvoir, qu'un despotisme pour mieux dire encore (et le pire des despotismes, puisqu'il s'est presque toujours exercé par une minorité oisive contre la majorité travailleuse),ces socialistes ont tenu compte d'un fait vrai et qui deviendra nai de plus en plus, d'un fait qui est un des plus grands phénomènes économiquesdes temps modernes: Ils ont vu que, dans les principales branches de la production moderne, la grande industi~iese substitue de plus en plus à la petite industrie, et que la centralisation des capitaux, l'application de plus en plus
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