LE DILAN DU CHRIS'l'IANISll{E ET DU JUDAIS111E 419 Rome et de l'Italie, le même auteur ajoute, rendant cette fois hommage a la vérité : « A Rome, l'institution nouvelle ne fit que s'ajouter a celles qui existaient déja; le cadre était tracé depuis les Gracques, il y avait des précédents et des modèles, et l'on n'eut besoin de rien innover (1). » Un autre préjugé trop répandu, pour qu'on puisse se dispenser de le réfuter eu passant,est celui qui se rapporte au luxe des Romains. Les prodigalités d'un Lucullus et d'un Scaurus, les folies d'un Néron et d'un Caligula ont paru comme les effets normaux du plus déplorable ,_régime économique qui fut jamais. Cependant, d'une part, les mauvais empereurs, stigmatisés comme tels, surtout par, leurs compatriotes - ont été véritablement des exceptions en ce genre, comme clans le reste. Tibère, Galba, Vespasien, Pertinax, poussèrent l'économie jusqu'a la lésinerie,et parmi les autres Césars aucun n'apparut. réellement comme un dissipateur (2). D'autre part, comme le fait remarquer Friedlânder qui a véritablement résolu la question - « les prodigalitès monstrueuses d'un Scaurus, d'un Lucullus, d'un César et d'un Pompée, furent l'effet de circonstances qui ne se reproduisirent plus dans l'antiquité ... On peut même rester indécis sur la question de savoir si les trésors amassés depuis des siècles par los despotes de l'Orient et tombés au pouvoir des.Romains vainqueurs de l'Asie, ne le cédaient pas au butin des conquérants espagnols en Amérique. La rançon de l'Inca Atahualpa a été estimée a 23 millions de francs, qui en vaudraient aujourd'hui 92, somme sur laquelle Pizarre reçut pour sa part 1,500,000francs, représentant de fait, six millions (3)..... Les plus grandes fortunes connues dans l'antiquité romaine étaient de 3 a 400 millions de sestercgs (81 à 108millions de francs) et encore ne cite-t-on que deux personnages ayant possédécette dernière somme, l'augure On. Lentulus, et Narcisse, l'affranchi deNéron (4).))Si l'on m'objecte que certains riches de Rome comptaient leurs esclaves (1) Religion romaine t. li, p. 187, , (2) On peut même se demander, dit Frie'.llaendet· (loc. cit, t. Ill, p. 8) si le luxe d'un Néron ou d'un Caligula fut plus extravagant et plus déplorable que celui de tel petit despote allemand du xv11• ou du xvm 8 siècle. Quand on voit Auguste le Fort dépenser 80. 000 thalers pour monter un opéra et cinq millions pour sa résidence de Müblerg, - Charles de Wurtemberg faire de sa cour une des plus brillantes de l'Europe et organiser des parties de traineau pour lesquelles oo devait faire venir la neige de fort loin ; - il paraît aussi téméraire de conclure ctuluxe de Caligula à celui des Romains, que des déportements de telle petite cour de l'Allemagne à l'état des mœurs contemporaines daos ce pays. )) (3) Chaix, Histoire de l'Amérique méridionale, au xv1° siècle, tome II, p. 67, sq, (4) Friedliinder, !oc. cit., tome III, p. 8,
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