LE IllLAN ltU CHRISTIANISME ET DU JUDAISME 415 volontés, leurs désirs,dit-il, et je m'y conforme commeà des ordres. Ils partagent leurs biens, font des donations, des legs, dans la maison s'entend. Car pour les esclaves, la maison est une république et comme une cité)) (1). La loi Petronia, au commencement de l'Empire, cnlèYeau maître le droit de condamner ses esclaves aux bêtes. Le Prœfectus w·bi entend leurs plaintes dans le cas de mauvais traitements, et quand elles sont fondées, il peut vendre l'esclave a un autre maître (2). Sous le règne de Claude, l'esclave malade que son maître néglige de soigner est tenu pour libre (3). Sous Hadrien, on enlève définitivement au maître le droit de tuer son esclave, de le torturer, de le vendre même a un lanista ou à un Zeno (4). On n'a pas la prétention d'établir que les esclaYeseomains étaient les plus heureux des hommes; il y a,·ait sans doute des maîtres cruels, commettant des actes de barbarie, moins atroces pourtant que ceux auxquels les colons se livraient sur leurs noirs, il n'y a pas lon~temps encore, dans le présent siècle de lumières et de Christiai:iisrne,comme le lecteur pourra s'en convaincre. Mais on affirme que, dans tous les cas, la situation du prnlétaire actuel ne vaut pas mieux que celle de l'esclave antique. Bien plus, je le déclare : si, par imgossible, transporté dans le pays des chimè1·eset des fées, j'étais condamné a choisir entre ces deux extrémités, j'aimerais encore..mieuxêtre un esclave romain qu'un misérable mineu1· à la merci cl"undirecteur de compagnie houillière du Lancashire ou des Flandres. J'entends d'ici les « purs », les sto'ïciens de la décadence crier au blasphème et me rappeler au sentiment de la dignité et de la liberté. Mais au diable la dignité demalheureux qui sont traités comme des chiens de meute et moins bien que des chevaux de course 1 (5) Et, fi donc! de vot1·e liberté qui n'est que celle di crever de faim et de trimer misérablement pour 1J.nepitance insuffisante - heureux même si on ne mus la dispute pas à coup de (t) Plin. secund. Epist., VIII, 16. (2) Digest., I, 12, 1 et I, 6, 2. (3) Suéton. Claude, 25. - Dio, Cass., 60, 29. Voyez aussi le Codex Justinian, Vil, 6 De libertate latina tollenda, etc., où. est confirmé l'éùit de Claude,rendant la liberté aux esdavès que leurs maîtres auraient renvoyés ou négligés de soigner en cas de maladie ou de faire soigner dans un hôpital (xeno) « si quis servum suum aegritudine periclitantem sua domo publioe eiecerit neque ipse eum procurans neque alii eum commendans, cum erat ei libera faculta~, si non ipse ad eius curam sufficeret, in xenonem euro mittere vel quo potel'at eum modo adiuval'e », etc., p,,296 de l'ed. P. Krueger, Berolini, 1877. (4) A un chef de gladiateurs ou à un 11ufian.Spartian, Hadrian, 18, Mai·- quardt, loc. cit., t. VII, p. 171, sq. (5) Voyez les tableaux si réels, si admirablemeJ1t étudiés du -Germinal de M. Zola. ... / ./
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