414 LA REVUE SOCIALISTE populaires, ne permettent pas <le douter que celles-ci ne soient rlemeurées à la même hauteur. La fameuse inscription funéraire .: jamais elle ne m'a causé de chagrin que par sa mort» (1) reste comme l'hommage suprême et qui ne saurait être dépassé, d'un mari enYers sa femme. On peut en rapprocher celle-ci : « Ma L1·ès chère mère a joui d'une réputation d'autant plus grnnùc, qu'elle a égalé les meilleures des femmes au point <levue cle la modestie,de la dl'Oiture, <le la chasteté, de la soumission et de l'application aux tran,ux du ménage» (2). Dans l'inscription funéraire d'une femme <leNumidie, après ayoir dit« qu'elle n'a eu qu·un mari, qu'elle a été chaste, rangée, irréprochable», on ajoute qu'elle était une mère pour tout lo monde, qu'elle Yenait au secours de tous et qu'elle n'a affiigé personne, omnium hominum parens, omnibus subveniens, tristem /ècit neminem(3).» Et ~1.Boissier,auquel j'emprunte cc dernier détail, ajoute lui-même: « c'est une épitaphe qui con,·ie1Hll'ait à une chrétienne >> (4). Disoni-;,si vous Youlez, que les« ch1·&ticnncs > - dans un bon 110mbre<lecas, au moins -- sont. demem·ées bienfaisantes et bonnes, en tant qu'Aryennes et en t16pit du Sémitisme; mais, constatons avec la même impai·tialité,que clans leurs épitaphes il est beaucoup moins question de ces qualités et <lel'amom· du prochain que do l'amour de Dieu, <l" Jésus, de Marie, du salut, du pa1·a<liset autres préoccupations de l'intérêt personnel le plus mal entendu. Mais ce n'est pas seulement la situation de la femme à Rome qui a été présentée sous le jour le plus faux. Les apologistes chrétiens ont forcé les couleurs plus encore s'i I est possible, pour ce qui concerne l'esclave; et pourtant, c'est cléso1·maisun fait acc1uisque le Christianisme, loin de l'affranchir, a bien plutôt resserré ses chaînes en l'3s consacrant. Certes, la cornlition de l'esclave fut infiniment plus dure à Rome qu'a Athènes. Au début sui-tout, il n'a ni <lroitsni famille; il est la propriété <le son maîtee, une chose; mais, yers la fin de la Répul)lique et durant l'époque impériale, il Yoit peu à peu ses droits naturels reconnus et devient une personne (5). Déjà nous Yoyons -que Caton l'Ancien, pourtant si (,lur, tr,waillait avec ses esclaYes et que même sa femme donnait le sein a lem·s enfants pour concilier leur affection à 30nfils (6). Plus tard, Pline le Jeune leur permet de faire des testaments. « Ils me transmettent leurs (1) ùrelli, (,,626. (2) Orelli, 4860. Cette inscription para1t être de la eeconde moitié du pr<•mier 6iècle. (3) Regnier, lnseript. dt l'Algérie, 1897. ((L) G. Boissier, Relig. rom., loc. cit., t. 11, p. 2io. (5) Marquardt, Zoc. cit., t. VII, p. 185. (6) Plutarque, Matcu., Caton, 3 et 20.
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