LE DILAN DU CHRISTIANISME ET DU JUDAISME 413 l'exil. (l) Une inscription gravée sur une tombe taillée dans le roc à Cagliari raconte l'histoire d'une femme qui suivit la son mari exilé : celui-ci étant tombé malade, sans doute a cause de l'insalubrité <luclimat, elle se voua à la mort pour lui, et mourut véri-· tablement, nou-elle Alceste, tandis que par une singulière complaisance du destin, l'époux survécut (2). « Peut-être, dit Friedlaender, ces morts volontaires de femmes s'offrant en sacrifice pôur leurs époux, ont-elles eu lieu plus fréquemment qu'on ne pense, en raison· de la croyance où l'on était, que les puissances souterraines pouvaient accepter une vie en place d'une autre. Une insc1·iption grecque parle d'une autre Alceste romaine qui « mourut pour son excellent époux Zeno, le seul qu'elle eût jnmais pressé sur son sein, et que son cœur prisait plus que la lumière du soleil (3). » Cela n'empêchait pas les poètes d'emboîter le pas a l'occasion derrière Juvénal, et de déclarer, comme Properce, qu·on ne voyait plus ni Edndnés, ni Pénélopes: c Nec fida Evadne, nec pia Penelope (lie). Et chose curieuse, - la seule qui me paraisse d'ailleurs avoir échappé a mes prédécesseurs, - le mème Properce célèbre précisément dans l'ode précédente, une certaine Aetia Galla, femmedu« trois et quatre fois heureux Postumus ,. qui, a son retour de la guerre. retrouva une épouse aussi fidèle que celle d'Ulysse: « Vincet Penelopes Aelia Galla fidem ! » (5) Rapprochement qui me paraît tout à fait instructif, en ce qui concerne la part à faire à la déclamation,dans ce genre de littérature le plus subjectif de tous, la poésie lyrique. On pourrait objecter que ces exemples illustres sont tous pris dans les familles de l'aristocratie. Reconnaissons d'abord que, dans cecas, et pour une fois au moins, le sens étymologique de l'expression « le règne des meilleurs • serait justifié. Mais un assez grand nombre de témoignages indiscutables, concernant manifestement les classes (1) 'facit. Hist. I, 3, ,, et Ann. XV. 10, 6lic. XVI. 30 sq. - Vellei. Pat. li, 67. (2) Corp. Irise. Graec. III, 5757. (3) Friedlaender, Dars tellungen ans cler Sittenge3chichte Roms, in der Zeit -von August bis .mm Ausgang der Antonine, 5• édit. remaniée et augmentée, 3 -Yol. in-So Leipzig 1881, t. I, p. 461. Il y a une traduction malheureusement beaucoup trop libre de la 1•• édition de cette œuvre capitale, par M. Ch. Vogel, sous ce titre : Mœurs romaines du règne d' Auguste à la fin des Antonins, Paris, Reinwald, 4 vol. in•3• 1865-71. (i) Propert. III, 13 v. 2lic. (5) Ibid. 12, v, -38.
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