La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

410 LA REVUE SOCIALISTE tisme, le courage et le talent, il ne fait que' 1°ééditerlui-même la plus creuse, la plus détestable des déclamation:--! Et comment a-t-on pu prétendre qu'un pareil homme, qui très certainement n'aima personne, - si ce n'est lui.-même- ait été un démocrate et un philantrope? Il est rlc mocte aujourd'hui, de t,,aiter Tacite d'aristocrate : mais que penser de ce Juvénal qui n'a d'aclmiration que poue le meurtrier de Lentulus et de Oethegus, champions cependant, de la cause du peuple, avec Catilina, - et de mépris que pour les Gracques? Quis tulerit Gracchos de seditione querentes? (1) Oc qui est bien le plus inepte outrage à la vérit6, les GracqlH'S, consacrés par la légalité et par le peuple, par la religion même en tant que tl'ilnms, ayant été précisément massact'és dans des sérlitions ex.citées par les Versaillais de ce temps-là. Voila pourtant l'apôtre de la clémocratie et le vengeur de la vertu! Qu'il peigne les travers des femmes hystériques de son temps, c'est son ailaire : la nature en a toujours produit de telles, elle en produira toujours. Et après tout, je préfère encore la Messaline de Claude, courant les lupanars sans être jamais satisfaite, a cette Messaline chrétienne, qui faisait flanquer a l'eau ses amants de chaque nuit, pas· plus rassasiée que l'autre, mais infiniment plus mal t'ai••· sante (2). D'ailleurs, sa façon de procéder peut sembler au moins étonnante. Qu'un Pétrone ou un Martial, qui no s'érigent pas en prédicateurR, n'héRitent pas, comme rlit ce prud'homme ùe Boileau a « brayer l'honnêteté », voila ce qui ne saurait nous émouYoir; mais qu'un parangon de vertu, un << maître d'école " de morale comme lui, s'aerête avec une complaisance, qui en devient dégoûtante, sur les mystèees cle l'alcove et les aberrations du sens génital, c'est ce que j'appelle de la pornographie, dans le sens le plus détestable clu mot - pornographie d'ascète, de Saint-Antoine ayec ou sans cochon, et qui depuis des siècles aul'ait fait lever le cœur des générations successives, si la « tartufierie » chrétienne ne l'avait sanctifiée, par haine du monde antique misérablement calomnié. Dans (t) Ibid. II, 2q. (2) Que la femme en question s'appelle Jeanne ou Marguerite, qu'elle soit "' de Flandre » ou « de Bourgogne, > la légende à laquelle je fais allusion n'a pas moins de titre à l'authenticité que celle dê Messaline; témoin les vers connus de Villon : Semblablement où est la royne Qui commanda que Buridan Fut jetté en ung sac en Seioe l ·Mais où sont lea neiges d'antan 1

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