La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE BILAN DU CHRISTIANISlllE ET DU JUDAISi'IIE 407 tem porafre et 01'i les plns l!ran,les rigueurs _permises au père de famille con-;istaient it cxpuls<'r son fils de sa. maisoll PLù le d<'sh(\- riter (1). Mais cette législation barbare tomba en <lésuétnde aYec le prngrès des idées et le perfectionnement des mœm,s : et clepuis longtemps déja l'exécration et le mépris publics en arnient. fait justice, lorsque la jurisprudence des pecmiers empereurs l'abolit dé.tinith·ement (2). Cela, au grand regret du1très chrétien et très orthodoxe Bodin, d'après lequel « il est besoing Jen la république bien ordonnée, rell(ll'e aux pères la puissance de la vie et ùe la mort, que la loy tlc Dieu et de nature leur tlonne (3). » Il e t très nai aussi <tno la femme potmiit être assimilre aux enfants, le mari ayant également sur elle droit de Yic et ,le mol't. Mais cela n'avait li<'u que tlans le cas où sa famille l'antiL mi8c' ùi manu, sous la puissance de l'époux, 80it 1mr le rna1'iage religieux ou confarreatio, soit par la co1'1npit'o. Le mariage par usus (,1) no sutflsait plus, à la fin do la. républil1ue romaine, pom· donncl' la manus. C'est un fait acquis, que les noces sans manus prédominC'nt après les guenm; puniques et sont seules en Yigueur à l'époc1ue impériale. Mais, daus c<'cas là, dÎl'a-t-on, la femme restait soumise à la pni~sance paternelle, allachée loujcmrs à la famille qu'elle ye1rnit rle quitter. Sans aucuu rloute; seulement comme la puissance paternelle, à cette époque était en quelque façon, tombée en désuétu,lé, le lien n'était pas bien gênant. De plus il y avait toujour!--, pour olle, un moyen légal de se sou traire même à la tutelle de ses propres parents (5), si bien qu'à la fiu de la République, cette femme (1) Denys d'Halicarnasse. Liv. II. 26 et 27. Cet auteur n'a garde, du reste, de manquer cette occasion d'exalte1· une fois de plus et fort mal à propos, l'excellence des coutumes romaint?s. (2) Depuis Trajan, tout père qui maltraite son fils est forcé de l'émanciper. Un père de famille avait tuô son fils à la chasse, parce que celui-ci s'était rendu coupable d'adultère avec sa belle-mère (noverca, la seconde femme du père). Malgré ces circon~tances très favorables au meurtrier, Adrien le condamna à la dépo1·tation : (Accarias, Précis de Droit romain, 4e édit. 1886. Tom. I. p. 188.) (3) Bodin, Les six livres de la République, Paris, 1583. Liv. I. ch. 4. - Cf. Deu.teron., XXI, 18-21. (4) On sait que par une cohabitation continue, le mari acquérait la manus sur sa femme, méme lorsque ni la confarreatio, ni la coemptio ne l'avaient placée sous sa puissance. Mais en découchant trois nuits de suite dans la méme année, la femme prévenait ce résultat. Du reste, méme la conf arreatio, restée obligatoire pour les Flamines de Jupiter, de Mars et de Quirinus finit par ne plus donner la manus. Un sénatus-consulte (Tacit Annal. IV. 16) décida que la femme du flamen dialis n(I passerait plus [sous la puissance maritale qu'en ce qui concerne Id culte (Accarias, Zoc. cit. p. 308-309). J (5) La • coamptio fidu.ciaria, tu.telae evitandae causa>, Gaius, I. 105.

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