La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

404 LA flEVUE SOCIALISTE eut certainement ici une importation analogue à celle qui doit êtl'e rendue responsable, comme on l'a dit plus haut, des h0rreurs de la religion celtique.De fait, les renseignement ont pour ce qui regarde les Etrusques, un caractère tout à fait précis. Leurs connexions avec les Phéniciens. qui firent d'eux, sans trop de peine, paraît-il, un peuple de pirates à leur image, leur alliance a-vecles Carthaginois sont des faits acquis et mis en pleine lumière, par Mommsen (lJ. « Les Etrusques, dit un auteur récent, nous apparaissenl comme les intermédiaires entre l'Orient et l'Occident, entre l'Asie et l'Europe. Nous ne connaîtrons probablement jamais leur caractère ethnique; mais H n'est pas douteux. qu'ils aient réuni et répandu les éléments de cuit.ure phénico-assyriens, égyptiens et grecs» (2). Laissons de côté la Grèce, à laquelle ils ne prirent que les principes de l'art, lequel aboutit, d'ailleurs chez eux, comme le dit très bien Lange, à la caricature Ide l'art héllénique prnpremcnt dit (:3). Quant. à ce qui regarde la ciYilisation phénico-assyrienne, c'est-à- <1ire sémitique, l'auteur a pleinement raison. Par bonheur ces intluences, quoique déplorables, furent tenues en échec dans une large mesure par le génie propre de la race aryenne. Le horreurs sanguinaires des rites éfrusques disparurent de la religion romaine, non toutefois sans y laisser des traces fâcheuses qui expliquent et justifient l'indignation de Lucrèce. Un g1·anrlnombre de formalités relatiYes à la diYination, ont ét.é aussi empruntées par Rome aux. Tyrrhéniens. Ce qui <lemeuea,pal' exemple, et sans atténuation, semble-t-il, c'est le goût pour les jeux. sanglants <lel'amphithéâtre, également de provenance étrusque. Mai5 ce formalisme cle la religion romaine, qui a fait tomber dans de si lourdes erreurs les plus él'uclits, commeM. Fustel de Coulanges, ne doit pas en imposer à l'historien et au philosophe. Dans la Rome historique, au moins, la religion n'e. t que la servante de l'JBtat, loin ùe lui êt.re supérieure, et le patriotisme est sa plus haute expres ion. Ici, pas plus qu'à Athènes, il n'y a de caste sacerdotale; le: collèges de prêt.res sont essentiellement des agPnts du culte public, des fonctionnairns de l'État; ce sont les principaux magistrats, les généraux ayant l'imperium qui « ont les auspices » (4). « Le soldat (1) Loc. cit., tom. 1°•, p. 193, sq. et tom. II, p. 103-i0t,,. (2) Dr F. Ratzel, Volke1·kunde. Leipzig, 1888, tom. Ill, p. 733. (o) Lange, loc. cit., p. 15 de la traduction. (t,,) c. Auspicia habere » se dit de ceux qui ont le droit <leprendre les auspices. N'oublions pas d'ailleurs qu'au temps de Ciceron, « les auspices n'étaient plus pris au sérieux par personne. A peu près délaissés par les généraux, proconsuls et propréteurs, ils n'étaient plus à Rome qu'une pure formalité. :. BouchéLeclerq, art. Auspice, in Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglici.

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