La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

402 LA REVUE SOCIALISTI<~ de ce rôle d'organisateurs joué par les Romains,les mettent fort injustement au-dessus des Aryens grecs, je ne puis a aucun point de nie, sousc1-ireau jugement de ceux qui méconnaissent l'immen ité <lu. enice rendu a l'humanité par les vainqueut·s du Moloch carthaginois, par les civilisateurs de l'Occident. C'est un fait aujourd'hui généralement reconnu, contrairement a une théorie ancienne et répudiée par les penseurs dip:nes de ce nom, que toute gmncle nation est une, au point de Yue de la 1·ace. Pe1•:@1Uen'admet plu!-:ila légitimité de la fable ridicule en ,·ertu ùe laquelle Rome aurait été fondée pat· un ramassis d'outlaws appelés de tous les coins de l'Italie dans l'asile <1eRomulus, sans parlei· encore des Troyens d'Enée et des At·cadicns d'EYanrlee. Ramnes et Tities, Latins et Sabins,les habitants primitifs de Rome, <le l'ancien Septimontium, appartenaient incontestablement, comme toutes les porulations italiotes p1•oprcment dites, à la famille aryenne. Pou1·tant, lorsqu'on voit à quel point cet"!.ainesdes qualités clela race maîlt·esse font <léfa.utaux. Romains, - telle:'l par exemple, la facu!Léesthét.ique et l'aptitwle scientifique; quancl on obsct'Ye d'autre part, comment ceetaines imperfections - si toutefois on peu(. les nommer ain i -très notables chez nos congénères, telles que la légèreté, l'insouciance du résultat pratique et l'ex.cessirn bonté nllaut jusqu'à la faibles e, sont remplacées chez eux., au contmire, pai· la ténacité <lan la poursuite <lu but, et Stll"lout par une incleuiable Cl'uauté; lorsqu'enfin on const.ate le caractè1·e somb1·e et pué1·il en même temps de leur religion, pres(1ue complètement désarianysée, on est en droit de se demander si l'on n'a pas à compter ici ayec un élément éteanger, surajouté a l'ensemble décidément aryen. La que:;tion une foi:-;posée appelle immédiatement la réponso: il s'agit à coup sûr clc 1anationalité Ett·ns<1ue. Quelle que soit la langue inconnue jusqu'ici des Rasewna€-(1), ils n'appai·tiennent cet"tainement pas à la famille aryenne (2). A defaut des caractères philologiques, l'authropologie, l'cnsem!Jle <lestyves physiques pem·ent nous fournir quelques renseignements, quoique incomplets. Mommsen a déjà insiste sut· la différence profonde, a ce (1) C'est le nom du peuple particulier, auquel les Toscans (Tusci), Ombrieos habitant primitivement le pays, envahi ùepuis par ces étrangers, transmirent leur propre dénomination sous la forme altérée de Etrusr.i. \'oy. L. Lange, Romische alterthümer, I p. 68, ae édit. B~t"lin 18ï6 (tom, I. p. 12 de la traduction partielle publiée par MM. A. Berlhelot et Didier sous le titre de Histoire intérieure de Rome etc. 1885 ). (2) Les importants travaux. de Corsen, pas plus que les recherches récentes de Deccke (Etrul.ische Forschungen, Stuttgart, 1880) n'ont pu faire admettre la parenté de l'Etrnsque avec les dialectes italiotes. (Voy. Fr. Stolz, article Lateinische Sprache dans le 42° fascicule (2° section) de !'Encyclopédie de Ersch et Grube1·, Leipzig, 1888.)

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==