396 LA fiEVUE SOCIALISTE Il faut donc s'attaquer résolument à ces deux causes économiques, modifier les lois de succession et la répartition des charges sociales de telle façon, qu'au lieu d'enrayer la fécondité, elles la favorisent. Ce sont là, en effet, les deux termes du problème, et on va voir que la solution est facile, pour peu que l'on soit décidé à agir vigoureusement. IV Avant que d'indiquer les remèdes propres, je crois, à tarir le mal dans sa source, j'ouvre une parenthèse pour faire remarquer que je ne soutiens pas ici une thèse socialiste proprement dite. Je me suis placé au point de vue rles intérêts vitaux de la France, pour envisager la question tfe la population. En régime socialiste, c'est-à dire dans une organisation où les individus seraient à l'abri des perturbations économiques et morales de toute nature, par là, relativement affrnnchis des calculs égoïstes résultant de l'âpre concurrence vitale à laquelle ils sont aujourd'hui soumis, le problème de la population n'existerait pas; la société pourrait régler l'équilibre entre les habitants e't les subsistances au fur et à mesure des nécessités intérieures et extérieures. Mais ce régime social harmonique, scientifique, sera l'œuvre du temps autant que dès efforts multipliés de ceux qui travaillent à sa réalisation. En attendant cette réalisation, tout en la poursuivant avec persévérance, nous ne devons pas oublier les questions urgentes exigeant une solution immédiate. C'est pourquoi, en ce qui touche les réformes économiques nécessaites à l'amélioration de la natalité, nous ne recommandons, dans cette étude rapide, que les moyens strictement indispensables. Ceci dit, pour 1·épondre d'avance à ceux qui nous reprocheraient d'être resté en deçà ou d'être allé au-delà des desiderata particuliers de chacun. C'est parce que le propriétaire ne veut pas morceler son domaine ou laisser à ses enfants une fortune amoindrie par la division successorale, qu'il en restreint le nombre, avons-nous vu. Là-dessus. récole de Le Play a créé un certain mouvement en faveur du retour à la liberté de tester. Les membres des Unions de la Paix sociale réclament l'introduction de cette modification dans le code civil, parce que ce jour-là, disent-ils, l'héritage ne serait plus la proie des arpenteurs à chaque ouverture de succession. Le père, alors, prendrait des arrangements avec ses fils,de façon à laisser le domaine à un seul d'entre eux; et, délivré du souci de multiplier les parcelles du champ par le nombre des enfants, il ne se livrerait plus aux pratiques malthusiennes auxquelles il se livre aujourd'hui. Ce retour à la coutume de l'ainé ne nous paraît ni désirable ni
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