LA DftPOPULATION DE LA FRANCE 395 la ville de Paris : Les départements comptant 285 pro"priétaîres par 1000 habitants, comptant 24 naissances par 1000 habitants; les départements comptent 240 propriétaires, 26; les· départements comptant 177propriétaires, 28. On a déploré, dans ces derniers temps, ces tendances du paysan propriétaire à restreindre de plus en plus le nombre de ses enfants. Les catholiques, surtout, ont trouvé là un tex.te à lamentations faciles sur la perte des croyances religieuses,qui serait la cause premi~ de la généralisation des pratiques, jugèes immorales par l'Eglise, du restraint conjugal. • Nous croyons que l'influence de l'Eglise catholique sur les rap.:. ~ ports sexuels des fidèles est moins grande qu'on se le figure. Les départements où la natalité est faible ne se distinguent pas des autres par des opinions antireligieuses. Au contraire, ce sont des départements où la loi et les pratiques catholiques sont encore en Yigueur. Dans d'autres, comme leNord,le Pas-de-Calais, la population ouvrière fait de nombreux enfants sans aller à la messe, par plaisir, comme le bùcheron du eonte de La Fontaine, et non par observance. D'ailleurs, il faut bien le dire, la restriction volontaire de la fécondité ne saurait être considérée comme un acte immoral, quand on se place au point de vue individuel de la masse des ménages : les familles nombreuses imposent à leurs auteurs des charges écrasantes devant l'acceptation desquelles beaucoup reculent, autant pour présener de la misère non seulement eux, mais encore les malheureuses victimes que ferait une fécondité impréYoyante. Le paysan qui retourne son lopin de terre du 1., janvier à la Saint-Sylvestre, produisant à peine pour subvenir aux besoins grossiers d'une vie d'épargnes minuscules, redoute autant pour les enfants que pour son champ, les conséquences d'un trop grand nombre d'héritiers. Les frères puînés appauvrissent d'autant l'aîné, aux yeux d'un grand nombre de pères et beaucoup limitent leur progéniture, par deYoir envers le ou les enfants qu'ils ont déjà. Ni les tirescriptions religieuses, ni les exhortations civiques ne changeront rien à un tel état de choses. A tous les sermons, catholiques ou matérialistes,leFraùçais qui pratique le moral restraint répondra: Il y a assez de malheureux., sans que j'en fasse d'autres. Il ne sert clone de rien de se lamenter en se croisant les bras devant la propagation rapide du fléau de la dépopulation, qui fait tache d'huile sur la carte démographiq1:1ede notr& pays. Les calculs intéressés des ménages français sont inspirés par l'organisation aetuelle de la propriété et des lois de succession d'une part, par la répartition des charges sociales de l'autre, qui, en rendant onéreuse la fécondité naturelle, tendent a la diminuer de plus en plus.
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