388 LA REVUE SOCIALISTE droit. Tant qu'un déYeloppement juridique supérieur n'aura pas mis fln aux guerres périocliques qui règlent par le canon les différends st111li·, ,. , 1·',,,t ;1 n,up, de <ëu11,n 11uc les citoyens cl'un pays devront 1t'1Hmil1·r·au· 111it1·aillade~de !Pur:-;Yoisius ;1g-resscu1·:::..Le pau·ioti. me des citoyens composant une nationalité découle de cette nécessité brutale, mais inéluctable; et nier l'obligation qu'elle impose à chacun de contribuer, dans la mesure de ses forces, à la défense et à la grandeur de sa patrie, c'est nier un devoir social sacré. Le progrès humain, en effet, est la SOf!lmedes progrès pa1-tiels réalisés par chaque peuple, comme les progrès d'un peuple sont la somme des progrès partiels réalisés par les individus. Ce caractère collectif du p1·ogrèsgénéral est aujourd'hui hors de doute. La même division du travail qu'on obsene dans toute société organisée, s''observe dans l'humanité. Les peuples et les races apportent, dans le champ infini du déYeloppement humain, leurs facultés propres, leurs aptitudes spéciales et cette variété qui crée dans l'œun·e ù'élabol'ation co1111uu11euue soi-te de division des fonctions, fortifie encore le droit de chaque peuple à une existence indépendante. Toute nationalité ou groupe ethnique asserYÎ, constitue une déperdition de forces pour le progrès universel. Le patriotisme n'est donc pas une Yertn inférieure ,lésormais . térile ainsi que des simplistes ont trop souvent coutume de le déclamer, mais une vertu sociale dans son acception la plus large. Pas plus que l'amou1' de la patrie ne dispense de l'accomplissement des dernit-s de pè1·e,de fils, ou d'époux, l'amour de l'Humanité ne dispense de l'accomplissement rles devoirs du patriote. J'ajoute que lorsqu'il s'agit de la France, qui a déjà tant fait pour la réalisation de l'Unité humaine, aussi bien les Internationalistes utopistes, que les Internationalistes patriotes, - pour le lecteur qui a bien Youlu me suine jusqu'ici, cês deux mots ne sont pas contradictoires - devraient s'accorder à reconnaître que la vitalité de la nation française importe au plus haut Jegré au progrès de l'Humanité. Ceci dit, abordons l'examen des faits. II Le territoire et la population sont, à ro1·igine, les deux éléments p1·imordiaux de toute association humaine : le territoire fournit les moyens de conservation, les aliments; et la population, par la faculté de se reproduire attachée aux individus, les moyens de perpétuer l'association et de la défendre contre les dangers extérieurs. Dans la péeiode contemporaine, ces deux facteurs ol'iginaux n'o:Qt l'ien perdu de leur importance. De la population, dont nous nous occupons ici spécialement, ùépend toujours l'action qu'un peuple
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