LA DÉPOPULATION DE L~ FRANCE 387 d'un patriotisme menteur. Quarnl M. de Rotschild fournit à l'Italie les moyens de construire se· chemins de fer stratégiquPs, rl'élevet· les om-rages <lela Spezzi~ et cle la Ma<lrlalena, il dit bieu haut <1u'il l'eud se1'vice à la France, dont il fait fl'uctifler ainsi les capitaux.. Si nous flétt·issons tle toute notl'e indignation les sans-pati-ie de l'Intemat.ionale capitaliste, nons ,l(,plo1·onsamèrement, les exagérations sy. tématiques des révolutionnaires qui opposent sans cesse l'Humanité a la Patrie, comme. i ces ùeux te1·mes étaient exclusifs l'un de l'autre. En réalité, il n'en est rien. Qu'entend-on, en effet, par le mot <<Humanité»? EYiclemmeut, l'ensemble des sociétés politiques 01·ganisées, grnupées clans un mode supérieur d'c~ssociation tel, que les drnits rle ch~cuoe d'elles soient garantis et leues relations soustt·ait.0s aux hasal',ls clc la violence, pom· être suborùoon.ées aux règles de la justice. Le mot «Humanité» n'aurait aucun sens, si on entendait par la l'agré:.ration en une masse confuse ùe tou • les inùiYidus humains répandus a la surface clu globe. Pom· réaliser l'idéal de l'humanité, les élém"lnts de J'oPganisme nom·eau doivent présentee le caractère de variété et. d'uuilé sans lesquels il n'y a pas association, au sens sociologique <lulllot. Les facteurs <le l'Unité humaine, que les esprits génél'cux du xrx• siècle ont rhé de fonder sous le nom de « République UniYet·- selle », d' «i~ta.ts-Unis du monùe », sont clone ks nationalités existantes. Ces na.tionali tés ne sont pa.s une ex.pression purement ver hale ou géographique, _mais la 1·ésultante d'une lente éYolution, .au coul's de laquelle <lestribus, tlcs peuplades cle langue et cle race communes se sont étroitement unies, au point de foemer un tout homogène, ürant, ayant ses lois pPOpres, d'une nature spéciale, dont l'étude est l'objet de lâ sociologie. Que ces nationalités, ces Ol'ganismes, aujom·tl'hui sépa1·és et antagoniques, parce qu'ils n'ont pas enco1·efranchi le stade de la phase inférieure soumise a la concul'rence Yitale, <loiyent s'associer un jour et substituer l'association pour 1·existence à l'éipre lutte poue la vie, c'est ce que la marche même de l'évolution générale inùi<1ue J'une façon certaine. L'action. l'écipl'oque que le::i peuples exel'cent les uns ::,m•les autres, en dehors des luttes militaires, crée déjà entee eux des liens r1'inte1·dépenrlance qui Yont se multipliant tous les jours. Les accorrls, les teaités pacifiques (con~ ventions postales, t(>légraphi<1ne:-,<'te.)~qu'ils sont a.men<•s à conclure, les conduisent clil'eclement à l'association uniym•selle. Malheureusement, le progeès est lent, inceet.aiu dans sa marche, el la fol'ce est tl'op :;ouvent, en derniee res:a;ort, le deroie1· argnmen.t tlu
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