NOTES sun LE CANAL DE PANAMA 35 maintenant, du jour au lcndêmain, s'explique1· la débùclo lamentable qu'elle a sous les yeux? Il n'y a qu'une explication possible pour elle, et les habiles aigrefins ont eu soin de se prèpa1·e1· depuis longtemps à la formuler: c'est que le Panama esLpolll'suiYi par une coalition cl'intérêts aYides, ligués contre la fo1-luneet la gl'an<lem· du pays. • - Le gouYernement cle la Réputlic1uc, conclue-t-on, a donc le ùeYoi1'd'interyenir pour sam·egarcler la fortune compromise de tant de millier· d'obligataires, dont l'intérêt particulü•t· se confoncl en cette circonstance aYec l'intérêt national. D'aillelll's le gouvc1·nement do la République a cléja engagé sa responsabilitè, en aulo1·isant, au mois d'avril demi01a,l'émission de Yalem·s à lols. C'est sur la foi cle ce qu'ayançaient sam, démenti tous les joumaux., que le Panama était autol'i é exceptionnellement à emeti.J'e des Yaleut·s à lots a raison de son caractère national, que nous axons sonsc1·it, mis notre fortune clans l'affaii·e. Le <iouyernemcnt doit sauYer ù prè. eut les souscriptions r1nïl a intliredement sollitilécs. Telle est l'opinion couramment répandue et que j'ai entem1n exprimer partout. Les parti· monal'chiste • et les césariens, R\'CC la bonne foi commune, hélas I à tous les partis, se réjouissent de l'occu1-reuce et se prépal'ent à brandir contl'e les républicains,aux électionsgéuérales, l'arme redoutable de ce désastre financier. Déjà, les journaux du syndicat de la rue de Sèze ont commencé à établir un parallèle entre le Tonkin et le Panama: le Tonkin, gouffre sans fond où la République jette les millions sans compte1·; le Panama, œun·e nationale féconde, menacée et conYoitée vm· des étrangers,que le gouyernement abanclonno à la mci·ci de se:;ennemis - ennemis également de noire crédit el de notre puissance économique. Le général Boulanger et M. de Cassagnac ont <1<'.•jà, dans cc sen. ,formulé leur réquisitoit·e, chacun ,le son côté (1). Etant donnée l'opinion du gros public, entièrement fâ,·orable a cette calamiteuse entreprise, le nombre des personnes intéressées à croire que la France ne saurait l'ester ifülifférenle à la poursui te d'une œm-re dans laquelle sont placées lcm·s économies, les accusations qui seront portées de ce chef contre le g-ouYernementcle la République ne peuvent manquer d'être fayorablcment accueil lies. En vain,im·oquera-t-on,iurlependamment de l'impossibilité flnan- (i) Depuis que ces lignes étaient rcl'ites, au coul's de lit pél'iode électorale qui a pris fin le 27 janvier par la nomination du général Boulange1·,on put lire sur les murs de Paris,sous la signature collèctivc, vraie ou fausse,d'un groupe d'actionnaireii et d'obligataires du Panama: « IL a voté pour nous, nous vote• rons pour LUI! ».
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