La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

380 LA REVUE SOCIALISTE pagne dans les mers de la Chine, si brillamment menée par l'amiral Courbet: « Il fut heureux pour nous dP-n'avoir affaire qu'à une nation à flotte embryon- « naires sans officiers exp ~l'imentés, car les choses se fussent ·passées autre- « ment avec une nation européenne. Ce sera toujours une lourde responsabi- « lité pour M. Jules Ferry, d'avoir fait abstraction des événements qui pou- « vaient surgir sur le continent, au point de nous laisse,· à peu près sans flotte « pour y faire face. Les cuiraesés de second rang, les croiseurs, les avisos, les « canonnières, etc., qui soot revenus d'Extrême-Orient, ont dû, en effet, être « désarmés pour changer leurs chaudières usées par une chauffe incessante, et "pc,u1·réparer leurs machines et autres avaries. Cette guerre a dilapidé les « ressourcP.s de nos arsenaux à ce point qu'il fallait attendre le '.'etour d'un ba- ,, teau pour mettre son artillerie sur un autre; les muu1tioos manquaient à « l'avenant. Nous voit-on impliqués dans une gue1-re européenne, après la paix << de Tien-tsin? >> 1\1. Pène-Siefert concfot qu'il est indispensable de reprendre la. constructio11 des torpilleurs et des torpilles qui sont les vé1·itables unités de combat de l'avenir et augmenter la vitesse de nos cuirassés. Cette réforme, comportant un remaniement considérable de notre matériel maritime nécessiterait la réforme de biens des abus administratifs de toute nature indiqués en passant par l'auteur ; elle comporterait surtout l'adoption d'un pb n d'ensemble, dont l'exécution serait pourauivie systématiquement par notre amirauté. M Pèoe-Siefe1·t rallierat-il l'amirauté à ses vues et, cette conversion difficile obtenue, l'amirauté trouvera-t-elle, dans l'i11stabilité gouvernementale actuelle, un appui l'uffisant pour mener à bonne fin cette refonte de notre matériel maritime 1 Autant de points d'interl'ogations auxquels il nous semble impo!!sible qu'on puis.se fair:e une réponse favorable précise. L'Inde Britannique a pour sous-titre Type de colonisation moderne. M. Pène-Siefert, ainsi que je l'ai dit plus haut, est padisan de la politique coloniale. Je crois même avoir lu quelque pa1't que c'est lui qui aurnit converti Paul Bert à ce mode d'expansion économique. Le livre dont il nous donne aujourd'hui une traduction et qui est un des ouvrages les plus complets qu'on ait publié sur l'Empi1e britannique de l'Inde, est donc destiné, dans sa pensée, à réhabiliter en France, où elle a été singulièrement compromise par leurs auteurs, la politique des établissements coloniaux. Le livre de sir Richard Temple est précédé d'une étude de M. de Lanessan sur les relations de la France avec l'Inde. Après une lecture attentive, je déclare que ni les ench2.nteresses descriptions du haut fonctionnaire anglais, ni les intéressantes observations de M. de Lanessan ne m'ont convel'ti aux. beautés de la colonisation, si brillamment mises en lumière par l'un et l'autre de res écrivams. Tout d'abord, je suis étonné que M. Pène-Siefert n'ait pas cru devoir annoter plus souvent le texte original de sir Richard Temple --- car, enfin, dans le tableau enchanteur que ce fonctionnaire philantrope - tous :es fonctionnaires anglais des colonies sont philantropes - nous tl'ace de l'Inde et des bienfaits dont l'A:igleterre l'a comblée, M. Pène-Siefert ne pense-t-il pa·s qu'il aurnit dû signaler, sinon un peu.d'exagéra.tion, au moins quelques ombres que le peintre s'est plu à dissimuler sous des ornements variés! J'ai de la peine à croire que tout soit aussi parfait que le dit Richard Temple; la perfection n'est pas de ce monde; les ombres au tableau de si1· Richard se décèlent par endroits, quand il rappoite des opinion1:1,des doutes, qu'il se borne, sans plus, à déclarer mal fondés et sur lesquels un commentateur comme M. Pène-Siefert, qui conna1t bien l'Ind~, aurait pu nous éclaire!'. Par exemple, sous le régime bri-

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