La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

378 T,A REVUE SOCIALISTE D'autres, tels que l'impôt sur les valeurs d'Etat, n'ont qu'une incidence légère : l'exemple de l'Italie le démontre surabondamment. M. Denis met au rang des impôts ne provoquant pas de répercw,sioa la taxe sui· la rente foncière, en rappelant que Prou<lhon, à la suite des physiocrates, avait ra_ngé cet impôt dans la méme catégorie. Naturellement, il reprend, à l'appui de sa thèse, la théorie de Ricardo, illu~trée par Carey et plus complètement développée ensuite par Stuart-Mill sur ln. qualité supérieure des premiers terrains cultivés. Cet1e théorie, dont M. Henry Georges s'est fait, dans les derniers temps, l'évangéliste, est plus spécieuse que vraie, en tous cas d'une application difficile, pour ne pas dire impraticable. La théorie attribuant la plus value économique des terrains au développement général de la civilisation et à la multiplicité des échanges est bien plus exacte ... Mais je m'aperçois que j'ai quelque peu dépassé les bornes du simple compte-rendu. Cette notice bibliographique avait simplement pour but de signaler, sans discuter, les doctrines. Ce premier volume est très remarquable. L'auteur s'étant arrêté à la quatorzième leçon, à l'examen de l'impôt général sui· le revenu, après avoir passé en revue les divers impôts existants : impôt foncier, contrihution personnelle, patente et revenus mobiliers dont il expose la genèse et le développement depuis la Révolution française, n0us ne saurions connaître d'une façon précise les conclusions de ce vaste travai I encore inachevé. Tel que ce volume nous permet d'en juger, cependant, les parties qu'il rous reste à connaître seront dignes du but que l'auteur s'est assigné dans la première leçon. Il aura écrit un maître chapitre de sociologia économique. GUSTAVEROUA~ET, . La marine en danger, par PÈNE-StEFERT, 1 vol. in-18, 3 fr. 50. Savine, éditeur. - L'Jnde-Brit:mnique, par S1a R1cHARDTEMPLE. Ouvrage traduit de l'anglais et arinoté pat· PÈNE-::ÏLEFERTa,vec Introduction de J.-T... l•E LANESSAN.- 1 vol. in-18. - Prix : 3 fr. 50. Librairie parisienne. M. Pène-Siefe1't est un esprit curieux et indépendant. N'étant inféodé à aucun parti, il écrit librement ce qu'il pense des hommes et des choses. Ayant beaucoup voyagé, tout ce qu'il publie exhale 1.1nvague parfum d'exotisme qui ne manque pas de charme. Il a beaucoup vu, beaucoup obsen-é et acquis de ses observations multiples, recueillies sous toutes les latitudes, une sûreté de coup d'œil et une sorte de j.ugement pl'atique qui ne déparent pas du tout les aspil'ations généreuses élevées dont sont emp~eintes toutes les thèses qu'il défend. Dans le livre La marine en danger, que le défaut d'espace nous avait fait ajourner, ces qualités de cœur et d'esprit ressortent d'autant mieux, que le sujet est d'une philosophie douloureuse et que son développement ne préte guère aux sentimentali~és banales. M. Pène-Siefert est un patriote éclairé. Sans sacrifier au chauvinisme grossier qui a fait tant de mal à notre pays, il a à un haut degré l'amour de la France et les préparatifs ostensibles de la triple - peut-être de la quadruple - alliance n'annoncent que trop à quel formidable assaut notre nation devra faire face, dans un délai de temps encore in• déterminé, mais dont l'échéance n'est pas moins inévitable. Quelles que soient les idées de progrès humain et de fraternité universelle professées par le~ esprits et les penseurs d'élite qui ne bornent pas leurs vœux de mieux. être social aux frontières de leurs pays , cette perspective menaçante implique pour cha_cun le devoir de concourir , daus la mesure de ses

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