La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

REVUE DES LIVRES 373 REVUE DES LlVRES L'impôt, L~çons données aux cours publics de la ville de Bruxelles, pat• H. DENIS, professeur à l'Uuiversité, 11 • série. - 1 vol. in-8°, avec Atlas; BruxP.lles, 1889 . Dans une coul'te préface, l'auteur nous prévient que ce premier recueil de leçons faites à Bruxelles sur l'impôt, n'est qu·une partie détachée - les premiers chapitres d0 une Jtucle complète sur le Revenu public. Il ajoute que cette étude, elle- même, fait partie d'un Essai de Sociologie économique et éthique, à la préparation de laquelle il consacre <lepuis de longues années, tout ce que son enseignement lui laisse de loisirs. La lecture du livre tient ce que l'avertissement promet. C'est le plus bel éloge que nous puissions en faire. Tout en restant, strictement, clans le cadre de son sujet, l'auteul' le développe avec une ampleur de vues et une élévation de pensée scientifique qu'on n'est guère accoutumé à tt-ouver dans les ouvrages courants de cette nature. Depuis plus de trente ans, en effet, la nouvelle critique socialiste, si féconde dans le domaine <lesprincipes généraux de l'économie politique, a complètement abandonné les questions d'impôt aux théoriciens de l'économie libérale et aux spécialistes - c'est-à- dire aux empiriques. Ceux-ci, en re•1anche, ont multiplié les traités de finances et les amateurs de chiffre.s n'ont que l'embarras du choix, dans le fatras des compilations fastidieuses parues au cours è.e ces dernières années. Cette abondance de traités n'a pas fait avancer d'un pas la science financière, les écrivains qui s'y sont adonnés niant l'évolution des phénomènes économiques et le caractère tendanciel, purnment traositoire, de la plupart des faits contingeots par eux érigées en lois naturelles absolues. Théoriciens généraux et spécialistes ont apporté, tous, dans l'étude des questions d'impôts, la même pénurie d'esprit critique : Comment auraient-ils pu dégager, des masses de ·chiffres accumulés, des conclusions nouvelles 1 Chez les uns et chez les autres, les phénomène,: de la vie économique sont un ordre figé, une harmonie cristallisée, un équilibre stable, une sorte d'entité préexistante, sur laquelle le temps et l'espace n'ont pas de prise. Bien supérieure avparait tout de suite la conception de M. Hector Denis. Dès la première leçon, on éprouve la satisfaction Je &e trou.ver enfin en présence d'un auteur qui ne va pas nous faire repasser par les ornières cent fois parcourues, les énumérations statistiques mille fois refaites avec des agencement>! ou des combinaisous de chiffres plus ou moins ingénieusement groupés. Les chiffres, certes, il en a compulsé des masses. Mais il ne les étale pas en interminables colonnes. Les nombres ne sont pour lui que ce qu'ils devraient être pour tout statisticien : des éléments de faits et de classification de nature à nous montre1· les rapports variables des phénomènes, et que le savant doit étudier, au lieu de les prendre le plus souvent pour d~s résultats coustants. Cette classification des nombres, .M. Denis l'a faite e1t une série de tableaux g1·apliiques publiés à part, dans un atlas qui nous présente d'une façon sensible l'évolution de !'Impôt dans ses divisions principales, <le 1832 à 188L Ayaut ainsi élagué son texte de l'appareil di,s nombres, toujours encombrants quand ils ne sont

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