La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

372 LAREVUESOCIALISTE s'engage, les camarade,; de travail acc:ourent à <:eux.qui l'ont engagée, leur apportant des secours, les soutenant de leur arg1•nt. Je vous citerai l'ex.emple d'une récente greve qui souleva un tel enthousiasme que les grévistes ~e voyaient entourés par les travailleurs et f.;tés comme des héros. On les emmenait au cabaret pour les faire manger, et les CJuvriera qui n'étaient pas eu gréve revendiquaient l'honneur de servir eux.-mémes les grévistes. Les sentiments de fratel'nité et de solidarité dont c-es faits témoignent, ne peuvent manquer de porter leurs fruits. AUTRICHE-HONGRIE LA SITUATION.- Comme en Allemagne, la pee,-écution ne fait qu'augmenter le nombre des adhérents socialistes. D'après le docteur Adler, les lois sont cependant fü,sezlibérales, mais, comme leur application est laissée à la discrétion lle la police, le régime politique de son pays e;;t un joli despotisme parfois heureusement tempé1·é par la stupidité. Il y a encore trop <lediYision parmi les socialistes, et quelques-un d'entl'C eux. ont le to1't de ne pas être suffbamment insensibles aux coquetteries du parti féodal. En un mot, le gonYernement, aussi Yariable qu'un thermomètre, tantôt laisse croître le socialisme, tantôt, comme l'année dernière, ex.pulse 400 militaut-s. ESPAGNE LE PARTI OUVRIERSOCIALISTE.- Ce parti qui commença eu 1848, ne prit yraiment de l'extension qu'après l'expulsion des Bourbons en 1869. Quoique déclaré par les cortès association illégale, il n'en compte pas moins 7 journaux. La durée du trayail varie de 11 à 13 heures pa1·jour. Les salaires ;;ont insuffisants. Les gPèYessont nombreuse,-, et les dépenses qu'elles entraînent vident la caisse clu prolétariat. Aussi le pai·ti ouvrie1· vient-il d'enYoyer une importante pétition au gouYernement en faveur de la diminution <les heures de traYail, et d'une fixation internationale de la joul'!1ée nol'male de trantil. LE MEETING DE BARCELON,E. - Au milieu d'mie assistance fol't nombreuse et fort sympathü1ne, les orateurs ont préconisé l'adoption du suffrage unirnrsel, une répartition équitable de la richesse, la liberté rle conscience, la ;;éparation de l'Église et de l'État, l'enseignement gratuit et laïque. Un cl'enx.a même déclaré que l'émancipation des peuples ne ponl'rait a,yoit· lieu que pat· la révolution. A. VEBER.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==