LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 371 et prudent de la part des principaux instituts de crédit, ce qui immobilisait leurs ressources dans une mesure extrême. POLOGNE SIMPLE APERÇU. - Voici le passage le plus important de l'éloquent. discours prononcé, au Congrès international ounier socialiste, par la citoyenne Marie Jankowska au nom du Comité ouvrie1· socialiste de Varsovie : Je pourrais me faire l'écho des plaintes qu'arrache à nos prolétaires le sort malheureux qu'ils subissent, je pourrais essayer de me faire l'interprète du sentiment douloureux qu'inspÎl'e à tonte âme vraiment humaine la vue de tant de misère. Je ne le ferai point, ne voulant pas vous prendre un temps précieux. D'ailleµrs, la misère n'est-elle pas une condition générnle, à laquell~ n'échappent les travailleurs d'aucun pays? La loi d'airain ne pèse-t-elle pii~ sur tous de sa fatalité inexorable? Disons seulement que pout· nous une cause spéciale est venue s'ajouter aux autres qui conspirent pour l'universelle misère, c'est le joug politique, le despotisme à aucun autre comparable qui opprime notre pays ; c'est aussi Je joug féodal sous lequel nous avons eu le malheur de gémir si longtemps 1 et dont l'heure de la délivraace est si près de nous que les pèrès peuvent, encor~ aujourd'huï, raconter à leurs enfants les tourments et les hontes dont ce régime barbare les a faits victimes. . Il est superflu d'en dire davantage et cela suffit à vous faire comprendre que s'il est une contrée qui mérite plus particulièrement le nom de vallée de misère, c'est chez nous qu'elle se trouve. Quant aux résolutions que vous allez prendre dans la voie del! Pevendic~-, tion1:a1yant un caractère que j'appellerai pacifique, nous ne pouvons vous açOOLJ\a: pagner sur ce terrain qu'à un point de vue purement théorique. Sans liberté de parole ni d'association, avec l'interdiction des grèves et des réunions ouvrières, notre peuple des travailleurs n'a nullement l'aspect de ces légions militantes que représentent les travailleurs des autres pays. Aux réumons secrètes, au:ir.orga-' nisations clandestines d'une existence si courte et si précaire, un genre d'~c\i!)P, s'impose, très •différent de celui de vos grandes associations largewE!nt ouvertes et des organisations imposantes et d'un long avenfr que forment vo,i syndicats ouvriers. Ce n'est pas que les difficultés de notre propagande nous fassent y renonoer. Loin de là, nous nous préparons au contraire à en élargir le cercle, nous ~ravaillons en vue d'une agitation ouvrière plus large, qui aura pour bt1t o,op seulement les revendications que vous, nos amis de l'Occident, avez déjà çoi:iquises, mais aussi les desiderata ouvriers qui figurent à l'ordre du jour ge ce, Congrès. Le succès couronnera-t-il nos efforts 1 Les résultats déjà obtenus. enco,uragent nos espérance:s. Savait-on, il y a dix ans, parmi nos travailleurs, ce que· c'est qu'une grève t Oh! sans doute, la lutte existait entre patrons et ouvriers. Cela s'appelait des ·dllsordres. li n'y avait place que pour la protestation violente. Celle-ci éclatait comme l'expression d'une colère inconsciente. Aujourd'hui, les ouvriers de Varsovie font éies grèves et .des grèves victorieu~es. La défaite même peut venit· sans que les énergies en soient affaiblies. Dans les fabriques, les ouvriers mécontents recherchent les socialistes pour se renseigner auprès d'eux sur les moyens de lutter. Et quand la bataille
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