370 LA HEVUE SOCIALISTE pagnes a eu son contre-coup dans les villes. En outre l'exagération des constructions a amenè a Rome une crise ouvrière, dont tout le monde se souvient. Cette déplorable situation économique ne justifie que trop la baisse de la rente italienne. En cinq ans la Dette publique de l'Italie a augmenté de 1328 millions, la plus grau.de partie employée à combler le déficit périodique des budgets. Au premier janYie1· 1889 la Dette consolicléedu royaume d'Italie s'élevait en capital à 1wès de dix millions de francs exigeant une dépense de 488 millions par an pour le service des intérêts. Si l'on y ajoute un certain nombre <le dettes spéciales, on Yoit que les finances de l'Italie supportent, une charge totale de près de 11 milliards et demi en capital et de 530 millions pour les intérêts. Le gouvernement, déjà par lui-même dans d'inex.ti·icables embarras d'argent, entend cependant de toutes parts le capitalisme l'appeler à gTands cris à l'aide <lela bancocratie. Turin d'abord, Rome, Milan et Naples sont surtout at.teints. De grands trnYaux étaient en cours c1·ex.écutionI.ls ont été arrê!,és. De là résulteront de nouveaux. chômages et de nouYelles ceises ouvrières. Dans les geandes Yilles, il y avait eu une spéculation eflrénée sur les terrains et les bàtisses. Les krachs financiers Yont également proYoquei·de ce coté un véritable effondrement. Les causes de cette situation, à laquelle il semble qu'on ne puisse apporter aucun remède et dont le gouvernement italien est vraiment responsable, sont faciles à déterminer. rrous les déclassés, tous les ayocats sans causes, les nobles sans argent, les joumalistes sans lecteurs, les politiqueurs de café, les faineants des places publiques étaient deYenus ces dcrnie1·s temps boursicotiers et enl1·epreneurs de const1·uctions.Ils achetaient et yendaient follement, heureux de· potwoii· mener la vie à grandes guides. - L'hist,oü•e monétaire de tous les pays abonde de pareils excès, stÜYisLlelongue~ et pénibles expiations. Les banques réalisaient et distribuaient de gros dividendes; nul ne songeait à l'inéYitable rendement de compte du lendemain. Mais au dehors, on regardait d'un œil défiant; les Bourses étrangères élevaient le change; la rente et les autres Yaleurs baissaient., les letti'es de change yenant d'Italie étaient repoussées ou acceptées seulement sur la garantie du paiement en espèces. Les premiers intél'essés étaient les plus aveugles sur leur discrédit. D'autres causes récentes sont Yenues aggraver la crise : la faiblesse réelle de ntt,at financier; la perturbation des échanges internationaux., sur(,out rlepuis la rupture du traité avec la France; enfin une spéculation effrénée et l'abandon complet de tout principe sage
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