LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 369 leur solidarité a fait le sujet d'autant clccommentaires que les concentrations de troupes dans le· pays balkaniques. Enfin cette grève nous fournit encore une nouvelle peeuYe de la ,li!férence qu'on fait, clans l'application de· lois. entre l'frlande et la Grande-Bretagne. Dans le premier de ces pays, Ml\I. o·Brieu et Gilhooly viennent d'être condamnés à la prison pou1·avoir conseillé aux. fermiers la résistance commune contre les exactions de leurs landlords, tandis qu'a Londres, l'habile st1'atège, Burns et ses amis, socialistes, ont impunément conseillé aux gréYistes d'entraîner ü la grève les ouvriers des autres professions dont les travaux sont en rapport ayec leurs propres occupations. - Et on ose parler d'égalité de traitement entre les Anglais et les Irlandais ! ITALIE LA CRISE FINANCIÈRE ET COMMERCIALR. - Le go1,vernemenl italien après avoir jeté la nation dans l'orbite politique et militaire de l'Allemagne, a cru compléter son œun'e en proyoquant la rupture des relations commerciales qui a suraient aux produit:- de l'Italie le débouché des marchés français, M. Crispi l'a déclaré au Parlement. Les débouchés allemands deYaient largement compenser la perte cles débouchés français. Partant de la, il a provoqué la surélévation de nos tarifs de douane à la frontière italienne, en frappant nos p1•0duits de droits prohibitifs. Une. eule pal't.ie de son programme s·cst réalisée : les débouchés français ont été fermés aux produits italiens, mais les marchés allemancls, sur lesquels on aYait compté ne se sont pas ouverts. L'Italie du Sud ne peut plus exporter ses bestiaux, :-esvolailles et ses œufs. L'Italie était arriYée a avoir en 1888 une eécolte de plus éle 30 millions d'hectolitt-es, presqu'égale à celle cle la France; mais au lieu d'exporter chez nous 2,782,701 hectolitres comme en 1887, clic n'en a plus exporté que 817,360. Aussi le prix du vin a-t-il baissé de moitié. L'émigration a pris, surtout dans les Pouilles, la Calabre, la Sicile, des proportions inquiétantes. La propriété rurale, dans certaines régions de la péninsule, est sous le coup d'une exprop1'iatio11 générale. Les exportations qui, en 1887, avaient été de 999 millions, sont tombées en 1888 à 891 millions, soit 108 millions de moins, qui portent principalement sur les produits agricoles; encore ne tienton pas compte dans ces évaluations de la baisse de plus de moitié du prix des vins. Les importations de 1,601 millions en 1887, sont tombées à 1.174 millions en 1888. Sous l'influence de la misère, la consommation clu maïs a remplacé dans les campagnes celle du froment, ce qui a amené une recrudescence de la pellagre. - La détresse <les cam2q
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