368 LA REVUE SOCIALISTE demie et les meetings se sont organü;és autour des plate-formes. Les pl"incipaux orateurs ont eté les citoyens Benjamin Tillet, Marc Carthy, et surtout John Burns, ex-délégué des mécaniciens anglais au Congrès international ouYrier de Paris, orateur à la voix puissante, et Yéi-itable général de l'armée gréYi.te. Les collectes faites dans la foule pendant la journée produisirent une somme considérable. Le lendemain clecette importante manifestation, les compagnies déclarèrent hypocritement qu'en haussant d'un penny (10 centimes) par heure le salaire de leurs ouniers, elles absorberaient tout leur profit et ne pourraient même plus distribuer de diYidenclesaux. actionnaires. Oui, mais les meetings succédèrent aux. meetings, l'armée du Salut elle-même fournit ,des repas a Yil prix., toutes les sociétés onn·ière· se décla1·èrent solidaires, le Comité supérieur des TradesUnions lui-même 1·ecommanda aux. corps de métiers clu RoyaumeUni rle <lonner aux grhistc>s leur arpui financier, en un mot lrs secours affluèrent de toutes les parties du monde, leur total s'éleyait à des centaines de mille francs, et alors les compagnies s\nfligèt·ent heureusement un bienfai ·;.rntdémenti, et elles capitulè1·ent devant cette étonnante organisation ouvrière nationale et internationale1 • La grève des docks a ceci de particuliee, qu'elle a été vue fayo1·ablementpar la population, dont les sympathies (peut-être intéressée::; à cause du manque d'approYisionnement) ont été tout à fait du côté des ouniers des docks. En dehors d'elle, et de la bienveillante intervention du lord-maire de Londres, il y a encore toute la grande presse, comme la Pall Mall Gazette, Daily News, Daily Chronicle, etc .... , même les organes <lela haute bom·geoisie, et des plns conserYateurs, comme le Times, le Standard et le Morning-Post, n'ont pu refuser aux gréYistes leur biem·eillanc0. La Pall Mall Gazette attaqua même le gouvernement parce qu'il n'exerçait pas 'tme certaine pres!':ionsur les compairnies ·: ~ Il faudi-ait un pouYOÎL'assez puissant pour exe1·cer une pression sur les compagnies et les forcer à entrer en arrangement ayec les grévistes. Si on ne trouve pas un pournir de co genre, la situation créée par la grève jettera un jour peu farnrable ::;m•le ::;ystèmegouyernemental de l'Angleterre.» - Voilà un langage que peu de journaux osent tenir en temps de grèYe. Ces gréYistes de Londres ont aussi relègué au second plan des préoccupations européennes les renies de l'empereur d'Allemagne, les projets de Bismarck. et les excentricités de Boulanger. Tous les journaux du monde se sont occupés d'eux.; leurs griefs ont été examinés et discuteg comme les articles d'un protocole diplomatique;
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