LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 363 entre la nation italienne et la nation française, que les récentes réceptions à l'Hôtel de Ville de Paris ont mises en éclatante lumière. La démocratie italienne, qui reste notre sœur et notre amie, reporte sans cesse ses souvenirs des champs de bataille de Nuits et de Dijon, a ceux de Magenta et ùe Solférino, et des plaines de la Bourgogne à celle de la Lombardie. Les compatriotes, les <lescendants et les anciens compagnons d'armes de Garibalcli, auquel nous devons une statue sur l'une de nos places publiques, les démocrates et les socialistes italiens se souviennent du mot de Michelet : « L'Europe monarchique ne pardonnera jamais à la France d'arnir fait la Révolution. > - Dans la situation au dehors, ô mon pays, c'est le malheur et c'est la gloire. Laisse les rois tripoter entre eux, ne les confonds pas avec les peuples, continue de travailler librement à ton organisation politique et sociale. ·Et vive l'Union latine! LES DEUX CONGRÈSOCIALISTE-S. Nous avons publié séparément l'appel des deux Congrès intemationaux ouvriers. Mais, partisan de l'union quand même, nous ne voulons pas les séparer dans ce bulletin social, car possibilistes, marxistes et indépendants avaient à peu près le même programme et ont voté a peu près les mêmes résolutions tendant à l'adoption d'une efficace législation protectrice des travailleurs, c'est-a-dire a la limitation de la journée de travail des adultes à 8 heures, à la suppression du trayail de nuit et à l'interdiction de plus en plus grande du travail des femmes et des enfants, à la suppression des coopérations patronales, à la mise en demeure des pouvoirs publics d'avoir à s'opposer, en vertu des lois existantes ou à élaborer, a toute coalition, ring ou trust, ayant pour but d'accaparer soit les matières premières, soit les objets de première nécessité, soit le travail, à l'inspection des établissements industriels par des inspecteurs ouvriers rétribués par l'Etat, mais élus par leurs pairs, à la création d'un service d'inspecteurs internationaux entre les diverses puissances contractantes qui auront adhéré aux bons résultats espérés de la conférence intergouyernementale convoquée a Berne pour poursuivre en commun l'établissement d'une législation internationale du travail. Nous n'avons pas l'intention de nous étendre sur ces deux congrès, pui:!1quMe alon leur a consacré un article spécial. Mais enfinnous nous demandons ce que le public sceptique ou gouailleur peut bien penser d'une aussi malencontreuse scission du socialisme international. Car à la forme près, les conséquences pratiques des résolutions votées aux deux congrès seraient identiques. S'il fallait absolument les différencier au point de vue théoriquè, nous trouverions : chez les possibilistes un vœu glorifiant le suffrage universel trop dédaigné par les guesdistes et les marxistes français; chez les guesdo-blanquistes une proposition relative à. l'abolition des armées permanentes. ,.
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