362 LA REVUE SOCIALISTE de dépenser,dis-je, des centaines de milliers cle lires d'un argent, qui n'est pas le vôtre, mais celui du pays, dans le seul but d'entretenir une presse, dont tous les journaux, sans en excepter un seul, propagent la haine de la France. Si une aggression de ce genre se produisait - les républicains d'Italie ont montréqu'ilssavaient toujours faire ce que les dynastiques n'ont pas toujours fait; les démocrates d'Italie ne sont pas de ces princes et de ces courtisans, qui par peur de la République, trahissent des peuples et renient la bannière levée à Mentana - les démocrates d'Italie, quand il s'est agi de la patrie, ont pris toujours exemple de Garibaldi, et n'ont jamais regardé comme vous à la bannière, et vous savez très bien le mot d'ordre démocratique, que depuis des années je répète devant le parlem~nt 1 Italiens d'abord, républicains ensuite. Si une agression injuste, gratuite, de ce genre se produisait (et quiconque connaît la France de nos jours, quiconque l'a étudiée dans ses hommes politiques les plus considérnbles, dans ses classes dirigeantes, dans ses courants populaires peut dire en son âme et conscience si cela est probable ou même possible), si pourtant une telle agression se produisait, sans qu'il fût besoin de vos journaux, vous trouveriez à leur poste les démocrates d'Italie sous les banuiè1·es nationales comme ils y 'furent à Mentana contre l'Empire, comme ils y forent à Rome contre la République. Seuls, les hommes qui du haut de leur chaire nous enseignent le patriotisme, n'y seraient probablement pas. Mais, si au contraire, c'est une hypothèse qne je fais, ce n'est pas de cela qu'il s'agit; s'il s'agissait, au contraire, d'une guerre infâme dans laquelle l'Italie jouel'ait un rôle de provocatrice au service de ses alliés et patrons; s'il s'agissait d'une guerre scélérate dans laquelle, non assaillis, nous devrions assaillir sans juste motif la nation sœur pour en détruire les lihres institutions et en rompre la puissance; si nous devions, dans les conjectures douloureuses que l'ltalie traverse, tandis que nos populations misérables émigrent et demandent des secours; oui, si dans ce moment nous devions fouler aux pieds nos souvenirs et nos affections, briser les liens sacrés du sang, pour nous précipiter, non provoqués, dans une guerre offensive, supérieure à nos forces et grosse de catastrophes que le regard n'ose seulement pas mesurer - et uniquement parce que cela plairait à M. Crispi et à ses parents de Vienne et de Berlin, - eh bien! il est inutile que vous jetiez les hauts cris I Le jour où vous réussiriez à commettre un tel crime, vous devriez, pour y arriver, passer d'abord sur des corps italiens. Et il est bon que cela se sache des deux côtés des Alpes, - et qu'on ait le courage une bonne fois de !e dire --- si cela pouvait suffire à vous épargner une scélératesse. Expliquez-vous donc clairement, encore un coup, et tàchez rie sortir de l'équivoque. Moins de gros mots, un peu plus de loyauté. Ayez un peu la franchise de dire bien nettement où vous voulez aller. Et puisque dans le cas où nous serions assaillis, tous nous serions d'accord, comme je vous l'.ai dit, dites à votre tour, si vous êtes d'accord aYec nous en ceci, que, dans les conditions présentes de l'Italie attaquer sans être attaqué sur un signal de Berlin, et pour obéir à des pactes' djnastiques, ce serait une infamie - et qu'à cette infamie vous ne pensez pas. Voilà deux an11que vous vomissez contre la Frnnce fange et fiel - et sur la question que je viens de poser, vous n'avez jamais daigné vous expliquer clairement! Tous les vrais patriotes seront heureux de lire ces lignes. Elles traduisent en termes vengeur les sympathies fraternelles
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