La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 357 Les délégués sont au nombre d'environ sept à huit cents. C'est M. Anatole de la Forge, au nom du Comité franco-italien, qui est chargé ùe les présenter au Conseil municipal. Le député de la Seine se place à la tête des délégués, accompagné de MM.Basly, Camélinat, députés; Imbriani, Andrea Costa, députés italiens; Albani, Fratti, avocats journalistes italiens; Cipriani, B. Malon, etc. M. Chautemps, entouré d'un grand nombre de conseillers municipaux., rec;oit les délégués dans la salle des séances. Elle est absolument comble et les tribunes sont bondées. Le président du conseil municipal prend aussitôt la parole et. prononce le discours suivant, que nous reproduisons a peu près textuellement : Messieurs, Après les ouvriers milanais, qui nous ont apporté, comme gage de l'a,mitié de leur pays pour la France,' ce drapeau que nous conservons a\'eC un soin respectueux dans notre musée municipal, mais que nous avons fait placer pour cette cérémonie à nos côtés; après les ouvriers et les artistes de Florence et de Pise, lesquels, tout en déclarant n'étre investis d'aucun mandat officiel, nous ont cependant donné l'assurance que leurs sentiments étaient ceux de tous leurs concitoyens; après les démonstrations chaleureuses dont notre pays vient d'être l'objet de la part des étudiants de3 glorieuses Uoiversité!I de Bologne, de Florence, de Pise, de Turin, de Padoue, de Pavie, de Naples et de Palerme, nous avons aujourd'hui le granrl bonheur d'ouvrir les pol'tes de notre palais communal aux délégués de la démocratie italienne, aux ouvriers que nous envoient les villes de la Lombardie, du Piémont et de !'Emilie, ainsi qu'aux délégués des sociétés italiennes de Bnenos-Ayrcs. Messieurs, nous vous accueillons tous, délégués politiques et délégués ouvriers, avec le même cceur; nous ne voulons point savoir si vous appartenez dans votre pays à des pa1·tis dilférent~; nous ne voyons en vous que l'Italie, notre sœur latine et nous vous disons combien nous sommes touchés des témoignages de sympathie qui, chaque jour, no:.is arrivent de l'autre côté des Alpes. Que deviennent, auprès de ce3 manifestations populaires, les combinaisons plus ou moins avouables de la diplomatie~ Pal' dessus les traités les plus savamment combinés et au-dessus méme des rois, il y a aujourd'hui l'opinion publique, et cette nouvelle puissance, dont aucun monarque n'osel'ait braver les arrêts, se prononce chaque jour avec plus <le force, eu Italie, contre tout projet de lutte fratricide. Associées depuis tant de siècles dans l'œuvre de !'~mancipation et de l'éducation des peuples, la France et l'Italie ne sauraient se séparer aujourd"hui. Pour le bien de l'humanité comme pour leurs propres intérêts, il importe qu'elles demeurent unies et marchent la main dans la main.... • Messieurs, je salue les couleurs italiennes qui de tout11s parts flottent aujourd'hui dans ce palais; je salue plus particulièrement ce drapeau qui fut offert à Garibaldi pat· les dames de Chambéry et qui est porté en ce moment par le porte-drapeau de Dijon. Survivants de ces combats héroïques, je Tous adresse le salut fraternel de Earis : Viva l'Italia ! - (Cris répétés de : Vive la France! Evviva la Francia! Vive la République!) Non, la vaillante et fière patrie de Garibaldi et de Mazzini ne paraît point d'humeur à accepter le rôle sans irandeur et sans gloire que des hommes

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