358 LA REVUE SOCIALISTE d'Etat qui méconnaissent assurément la noblesse de son caractère, voudraient lui imposer à l'égard de la France, et c'est avec un dédain superbe qu'elle écarte les calomnies intéressées de ceux qui tentent de nous représeute1· à ses yeux comme une cause dïnquiétude pour la tranquillité de l'Europe. Certes, nous sommes résolus à accepter tous les combats qui nous seront offerte, mais ne suffit-il point do passer quolqui:e heures parmi nous, au milieu de nos populations si confiantes et en ce moment si heureuses d'avoi1· pour hôtes tous les peuples de la terre, pour se rendre compte que la France n'est point un pays de haine ni de basses convoitises, mais un pays de travail, de i-,aix et de fraternité. Et cette pensée ne vient-eUe pae natu'rcllement à l'esp1·it, que ceux qui prennent tant do préc:mtions contre nous pourraient bien se soucier moins de nos tendances belliqueuses que de la contagion inévitable des idées do justice et de liberté dont notre République, héritière de la Révolution française, a le dépôt sacré1 M. Anatole de la Forge prend ensuite la parole : Au nom du Comité franco-italien, je vous remercie, M. le Président, des paroles éloquentes que vous venez de prononcer. Elles ont été au cœur de vos auditeurs, elles iront au cœur du peuple italien quand ils diront, à leur retour, quel accueil leur a fait la cité parisienne, comment ils ont été reçus dans cette maison muni1.ipale dont vous êtes le chef. Je n'ai pas, à mon grand regret, qualité pour parler au nom des cl{>légatione ouvrières; mais je veux parler au nom des patriotes italiens, au nom de Gari• baldi dont lis continuent les traditions glorieuses et dont j'ai ét~ longtemps l'ami. Il y a 40 ans, j'ai lutté à côtô de Mazzini, de Manin, de Garibaldi pou1· la liberté du peuple italien et pour l'indépendan1:e de sa patrie.Je le connais bien; je puis vous dire que les sentiments de ses délégués aont les siens et quo vous pouvez compter sur son alliance, quels que soient les événements qui se produisent. Les questions de gouvernement les préoccupent moins que l'union intime du peuple italien et du peuple français. Cette union, vous la consacrez ici une fois de plus; les conseillers municipaux. de Paris, les patriotes français retrouvent ici des amis et des frères d'armes. Oui, M. le Président, en revenant clans leur patrie, après avoir admiré les merveilles de notre Exposition, en rapportant à leurs concitoyens ce d1·apeau qui ombrage votre tête, ils ne manqueront pas de rappeler que ce drapeau devra encore, comme il l'a déjà fait, paraitl'e sur les champs de bataille pou1· la défense de Paris et de la France toute entière (Cris de: Vive G-aribaldi !) Vous le voyez, ils en prennent ici l'engagement solennel aux cris de « vive Garibaldi ! » que je rei,ète après eux ( Vive Garibaldi!) Lt1porte-drapeau de lJijon est à cette tribune : permettez-moi de vous dire que je viens de recevoir du maire de Dijon, du colonel qui a combattu aux côtés de Garibaldi, une lettre où il invite les combattants italiens de 1870 a venir visiter la tombe de ceux des leurs qui sont tombés sous les halles allemandes. " lis seront reçus, ajoute-t-il, à bras et à cœur ouverts: ,. Nous tenions à rappeler les souvenirs que M. le Président a si éloquemment évoqués. Ce sont eux qui nous dominent et qui nous inspirent; c'est du plus profond de mon cœur que je crie : Vive l'Italie! Vivent :;es délégués ! Vive Garibaldi li.bérateur.des peuples!
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