344 LA REVEE SOCIALISTE à 2,000 fr.; de Ofr. 60 pour ceux de 2,000 à 4,000 fr.; de O fr. 85 de 4,000 à 6,000 fr.; de 1 fr. de 6 à 10.000 fr.,ainsi de suite, de façon à ce que la progression soit. énergiquement établie, et cela autant pour les maisons d'habitation que pour les commerçants, afin d'éviter l'absorption des petits par les puissants. Les intérêts des industriels seraient sauvegardés, d'abord parce qu'ils ont leurs établissements dans des quartiers où la valeur locative est relativement basse, et ensuite parce qu'il serait facile d'abaisser encore pour eux le taux de l'impôt. Je suis convaincu qu'avec la suppression de tous les impôts actuels et leur remplacement par l'impôt unique cubique pour la commune, la vie serait certainement moins chère; les petits commerçants et petits industriels seraient sensiblement dégrevés; la concurrence serait insuffisante sans doute sans le concours des sociétés coopératives et des établissements communaux pour la vente des articles de première nécessité; mais avec ces moyens-là on arriverait à empêcher l'exploitation du plus grand nombre ou tout au moins de ceux qui voudraient se défendre : Voilà le système que je m'efforcerai de faire adopter. Avec la suppression des droits d'octroi et l'exonération de tout impôt pour les:petits loyers, l'ouvrier ne paierait aucun impôt, les petits cornmerçan ts et.mdustriels n'ayant que de 800 à 1,500 fr. de loyer, et c'est le plus grand nombre, ne paieraient que Ofr. 20 le mètre cube, ce qui serait bien inférieur à ce qu'ils paient en 111oyennaeujourd'hui, les gros loyers compenseraient les différences des taux des petits. Je soutiendrai prochainement au Conseil municipal de Paris les modifications que je vous indique, vos observations se trouvent donc en partie justifiées. Les taux franchement progressifs de l'impôt cubique et leur application en raison de la valeur locative permettraient de ne faire payer qu'en raison du pouvoir de chacun. L'exonération de l'impôt. pour les petits loyers assurerait une amélioration sensible du bien-être de l'ouvrier. Je dois vous avouer que j'ai malheureusement peu d'espoir de faire triompher mon projet. Le projet d'impôt de M. Yves-Guyot sur la propriété bâtie et non bâtiè sera, je le crains, préféré au mien et, vous le savez, l'impôt sur la propriété payé directement par le propriétaire se répercutera fatalement sur le locataire, et comme il est proportionnel et non progressif, les pauvres paieront relativement plus cher que les riches. L'adoption de cet impôt pour remplacer le produit des octrois sera d'autant plus fâcheuse que, comme vous le dites avec raison,
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