La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CORRESPONDANCE 343 Considérant, d'un autre côté, que la décentralisation est la seule garantie de l'indépendance des individu~ et des groupes, j'estime que les groupements isolés, les villes, les communes dont les besoins varient en raison de leur importance numérique, de leur production industrielle, etc., devraient avoir des revenus absolument indépendants de ceux de la nation, et pour cela je ne vois pas qu'il soit possible d'établir un impôt plus juste que celui qui s'appliquerait à tous les habitants de la oommune et cela en raison des services réclamés par chacun, et je ne v_oispas de meilleure base que celle de l'espace occt.ipé. Il est évident que si l'espace était taxé à un prix uniforme, sans distinction de quartier et par conséquent de yaleur locative, cet impôt serait aussi injuste que tous ceux qui existent. Mais en établissant plusieurs catégories de quartiers, ou mieux encore, en fixant -la valeur de lïmpôt cubique ·eu raison de la valeur locative, et en l'augmentant propressi"vement suivant la plus-value locative, cet irnpôt serait aussi juste que peut l'établir la conception humaine. Les dépenses de l'Administration Communale doivent, en prin~ oipe, et en toute équité, être supportées par tous les habitants et cela en raison des services reçus par chacun. L'omTier rend plus de services qu'il n'en reçoit; ne demande pas à la police ~e le garer des voleurs. Les commerçants et les possédants en général coûtent bien plus que les pauvres. Commevous le dites très bien, tous les impôts existants se répercutent sur l'ouvrier et sur le consommateur, et c'est précisément pour cela que l'impôt unique communal ne doit pas a.mir d'intermédiaire et doit être perçu directement imr chaque habitant. Il ne pourrait y avoir de répercussion que pour la partie entre le cubage e~terne et interne qui frappe directement le propl'iétaire et cet impôt n'est pas considérable, étant donné la suppression de tous les impôts existants payés par le propriétaire et répercut~s aujourd'hui avec aggravation de valeur sur le locataire. Votre observation est fort juste en ce qui touche l'ouvrier, il pourrait y avoir certaines résistances pour le paiement de cet impôt, mais il serait facile de l'éviter en maintenant, pour Parii-; par exemple, l'exonération des droits sur les loyers au-dessous de 500 fr. par an. L'impôt ne s'appliquant qu'aux individus ou familles payant un loyer supérieur à une somme determinée, 500 fr. pour Paris, il est évident que sa perceptioµ serait facile pour des loyers au-dessus de ce chiffre, alors que le taux pour les loyers de 500 à 800 fr. pourrait être réduit à 0 fr, 10 le mètre cube; à 0 fr. 20 pour des loyers de 800 à l,500 fr.; il pourrait être de 0 fr. 35_,pour)es_,,loyersde 1,500 '

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