La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

342 LA IlEVUE SOCIALISTE CORRESPONDANCE f~ J Au citoyen Hector Guindani, sociali8te italien de Crémone, qui avait demandé à notre ami Daumas quelques explications sur l'impôt emphytéotique, l'administrateur de la Revue socialiste a répondu par la lettre suivante que nous croyons devoir reproduire car elle soulève une question très intéressante. Cher Monsieur Guindani, Je vous prie d'excuser le retard que j'ai mis à répondre à votre lettre du 25 a,-ril. • Avant tout permettez-moi de vous dire qu'en principe il ne devrait y avoir aucun autre impôt que le produit Emphytéotique de la partie terrestre occupée par chaque membre d'une agglomération humaine. Le droit.de propriété par conquête et par transmission répond à un sentiment personnel par trop égoïste et absolument contraire au droit naturel et à l'intérêt collectif. La Jouissance de la terre appartient également à tous les êtres qui y naissent et petlYent y vivre de ses produits. Il n'est pas plus admissible d'aliéner au profit de quelques-uns la surface terrestre qu'il ne le serait d'aliéner les rayons du soleil. Si la terre était inaliénable, si elle appartenait également à tous et si la collectivité pouvait la faire exploiter librement par ceux de ses membres qui le désireraient, l'unique impôt qui devrait suffire aux nécessités de l'organisation collectiYe serait le produit annuel établi par baux Emphytéotiques pour la cession à l'individu du droit d'exploitation d'une partie de la chose commune. La terre, instrument de travail par la cuit.ure, ou instrument de plus grande jouissance par les habitations et jardins luxueux, rapporterait chaque ann(!e à la collectivité un impôt fixé en raison du produit du travail pour les portions cultivables, et en raison du désir de jouissance et de luxe, pour les priYilégiés de la fortune acquise toujours par l'exploitation publique. Étant donné ce qui précède, je considère qu'il devrait y aYoir un seul impôt Collectif (National); cet impôt serait le produit annuel des baux Emphytéotiques consentis par la collectivité (la nation) à l'individu. •

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