338 LA REVUE SOCIALISTR municipal de Paris un impôt cubique portant, pour une très grande partie, sur la propriété non bàtie. Je ne pense pas qu'il soit de bonne politique de passer trop brusquement du régime des impôts indirects a,t1régime nouveau. Nous sommes contraints à des ménagements et ce n'est que pas il pas que nous nous acheminerons vers l'organisation définiti,-e. Mais il suffit d'affirmer le principe et de l'introduire dans la pratique pour en préparer le triomphe prochain. Sous ce rarport, le Congrès nous aura rendu un Yéritable scnice. Au point de Yue des intérêts exclusivement parisiens, nous deYons donc des remerciements aux organisateurs étrangers du Congrès; nous en deYons tout spécialement à M. Flürsheim et je vous propose de boire a sa santé. ( Vifs applaudissements.) Le citoyen DESMOULINpSorte ensuite un toast« aux précurseurs». Il dit que le Congrès agraire ne saurait se clore sans que la pensée de ses membres se porte sur ceux qui ont été les Yèritables initiateurs du mouyement agraire moderne. Il ne croit pas utile de remonter jusqu'aux Romains; ile rappeler le souyenir des Gracques. Il se bornera aux. trois derniers siècles. Les paysans français se rappellent le nom de St1lly (1560-1641). Dans nos campagnes du centre, ils dansent encore les jours de fête sous le Sully, - ils nomment ainsi les ormeaux plantés par les ordres de c-egrand ministre. Qu'ayait fait pour le paysan français le fameux duc de Rosny? Il avait défendu le peuple cles campagnes contre les exactions tyranniques des seigneurs, prop1•iétail'es tle régions entières, contre les gotlYerneurs de pro,·inces, ces << mangeurs de populaire », comme les appelle Rabelais el contre le roi lui-même. On se souvient encore de l'éloquente répon!".edo Sully à son maître, le jour où celui-ci demandait de l'argent pour Gabrielle d'Estrées : - « Tout cela serait bon, si Sa Maje!".téprenait l'argent en sa bourse; c.: mais de lever cela sur les marchands, artisanr-;, laboureurs et « pasteurs, il n'y a nulle raison, estant ceux. qui nourrissent le roi « et nous tous, et se contentent bien d'un seul maître, sans avoir "' tant. de cousins, de parents et de maîtresses à entretenir. ,, Ce ministre, le seul qui soit resté populaire, s'occupa surtout de l'agricultute; il voyait clans le sol la source principale de la richesse nationale. A ce sujet, l'orateur cite les paroles suivantes de Sully : - « Le labourage et le pastourage, voilà les cieuxmamelles dont la France est alimentée, les troyes mines .et trés01·sdu Pérou! » Il ne se contenta pas de bien dire, il fit bien; il dessécha les marais, aménagea l~s eaux, ouvrit des routes, soulagea le paysan des
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