336 LA REVUE SOCIALISTE des animaux immondes dans des rédui1s ignobles, on laisse inoccupés de -vastes terrains qui appellent en -vainl'homme, qui doit leur donner la vie et l'animation. Le landlord en garde la clef et refuse obstinément de la donner. Sur tous les points de la ville de Londres, comme du reste dans toutes les capitales, on trouve de grands espaces non bàtis, sans utilisation aucune. Ces terrains seraient, sous une bonne organisation des impôts, couverts de maisons same~ et gaies; mais les lois faites par nos landlorcls s'y opposent. Dans le Kensington, on cite un terrain Yague valant plus de 2 millions de livres sterling qui ne paie pour ainsi dire pas d'impôts. N'est-il pas évident que c'est grâce à cette exonération que le sol reste inoccupé aux mains des landlor<ls? D'autres terrains dans le même district, éYalués à 400.000 liues sterling, ne sont taxés qu'a 6.2livres, ce qui n'est rien en comparaison de la taxe supportée par la propriété bàtie. Sous le système fiscal actuel, plus on travaille et fait travailler, plus on paie. C'est le renversement de la justice. Dans Paddü1gton, on cite un te1-rain non bâti, valant 450.000 livres sterling, qui ne paie pas <l'impôt. Dans Hampstead, un terrain, qui pourrait être vendu facilement J .500.000 livres sterling, est taxé pour quelques livres seulement, pa1·ce que les propriétaires spéculent· sur la hausse qu'apportera l'amélioration des districts rnisins. Ils pourront alo1·s louee à <lesprix excessifs ou vendre avec une plus-value exorbitante. La spéculation est seule favorisée par le système fiscal actuel, et c'est le travail qui en souffl'e et paie tout. Tandis que les spéculateurs font des fortunes immenses, les travailleurs végètent misérablement; le vice est seul récompensé; la -vertu est punie. Telle est notre morale fiscale l Nous dernns employer tous nos efforts à la disparition de ces grandes injustices, et nous y arriverons! Notre confiance est grande, surtout depuis la publication des œuvres de notre ami Henry George. Nous avons à proposer une solution aussi simple que facile à appliquer : abolir tous les impôts, sauf un seul : la taxe sur le sol sans tenir compte des améliorations foncières, des constructions et des pr·oduits, ni de l'usage que le propriétaire en fait ou n'en fait pas. Cette réforme remplace tous les projets et suffit à tout! (Salve d'applaudissements.) • M. DAUMASc,onseiller municipal: porte un toast à M. FLURSHEIM, le véritable promoteur de ce Congrès, le propagateur actif de la réforme agraire dans le centre de l'Europe. Partout où M. Flürsheim a porté la parole, il a trouvé de l'écho. C'est que tous les peuples sont rongés par la même plaie fiscale; tous éprouvent le même besoin de réformes décisives.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==