334 LA 'REVUE SOCIALISTE champs de culture en champs de sport, en territoires de cha!".se;ils démolissent nos maisons et nos fermes, et balaient impitoyablement tout ce qui a forme humaine. L'Ecosse ne sera bientôt plus f!U'un désert! Les Européens ne savent pas à quel point nous souffrons en Ecosse des lois barbares de la propriété. Ils assistent froidement, inrlifléremment, à la destruction d'un peuple qui. cependant, mérite de vivre. Ils s'imaginent sounnt <1uel'Irlande est la seule à souffrir du landlordisme; mais l'Ecosse n'est pas moins malheureuse que l'Irlande, elle est absolument traitée en pays conquis, et ses habitants sont véL'itablernent réduits en seLTitucle. Le peuple écossais est bien plus durement traité que les Alsaciens et les Lorrains, que l'on a soumis au despotisme ou chassés cleleurs foyers; <lé pouillé de ses terres et de ses habitations, et, de plus, pri" é de tous protectem·s naturels, que peut-il devenir, sinon aller grossir le froupeau déja immense des salariés des villes et des centres industriels? Après s'être emparés de nos terres pour les transformer en deer-forests, en champ de spoL·t,les capitalistes trouyent moyen de se faire rembourser le pr·ix de leur spoliation par l'abondance de la maind'œuvre et l'aYilissement des salaires, qui en rst la conséquence! Que cet !3x.emplesm·ve du moins aux autres nations! Le peuple, priYé tle sol, n'a plus d'autL·esrei-\sourcesque ses bras qu'il est foL·cécl'o!frir au rabais. Et c'est le capitaliste spoliateur, qui tire parti de tout ce troupeau d'affamés refoulés jusqu'à la porte des ateliers, où ils viennent implorer du travail pour un peu de_pain à donner à leurs enfants. La terre étant fermée d'uu côté, les foules, sans asile et sans pain, sont à la merci des propriétaires capitalistes. C'est ainsi que, tout en se procurant les plaisirs de la chasse, les landlords se procurent., par cela même, <lestra;rnilleurs a Yil prix. Tandis que nos anciens champs de culture sont déserts, nos centres manufacturiers sont encombrés. Une population malhetweuse,YiYant à peine d'un salaire toujours réduit, se trouye aujourd'hui obligée de traYailler pour autrui, alors que jadis les peres étaient libres et relati-vement indépendants dans leurs clans. Plongés clans la misère par le landlord, nos compatriotes deviennent la proie des capitalistes qui, souyent, sont les fils ou les frères des larnllords eux-mêmes. L'accaparement. du sol par quelques-uns, c'est le salariat f,)rcé pour le grand nombre et l'aYilissement ccl'tain des salaires; c'est le chômage systématique des ateliers ne l'agL'iculture et le travail obligatoire et à vil prix des mines, usines et manufactures. C'est la détresse des classes laborieuses, avec toute la série de maux, vices et maladies qui en découlent. C'est la modalité des enfants en bas âge; c'est la dégradation de la race, c'est la démoralisation. C'est.le pire des esclavages!
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