La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 333 son immortel ouvrage« Progress and Poverty » Henry George a nettement établi la séparation entre le sol et le travail; de plus il a donné le moyen pratique de séparer la propriété du sol de la propriété des fruits du travail, en libérant ce!1x.-cide tous impôts, et en reportant toutes les charges sociales sur la terre exclusivement, sans tenir compte ni de l'usage que le propriétaire en fait, ni des améliorations foncières, ni des constructions et plantations qui s'y trouvent. Cette solution si simple et· si pratique permet de laisser la terre aux mains des particuliers, sans avoir à redouter la réapparition dujus abutendi et de ses désastreux effets. La condition imposée au propriétaire de payer la rente à la communauté emporte en effet l'obligation : 1° de cultiver et faire valoir, c'est-à-dire, d'appeler sur le sol la plus grande somme possible de traYail; 2° de vendre ou céder tout ce que l'on ne pourra pas cultiver soi-même; 3° lle délaisser on abandonner gratuitement tout ce que l'on ne pourra ni cultiver, ni Yendre, ni louer. En sorte qu'il y aura désormais une grande quantité de terres mises à la disposition de quiconque voudra en posséder à la seule condition de payer la taxe. Or,il est évideut que de tels résultats satisferont complètement toutes les exigences et tous les droits, et que par conséquent la taxe unique, ainsi comprise, résoud le problème social en posant le droit fondamental sur une base logique et rationnelle (Applaudissements). nr CLARK(Ecosse), membre du parlement, propose le toast suivant: La terre au peuple! On a déjà beaucoup parlé des droits du peuple à la terre; on a déjà suffisamment démontré comment l'accaparement du sol par un petit nombre arrive à priver les masses de tous moyens d'existence. Bien des exemples ont été cités à l'appui des revendications légitimes des déshérités; aucun ne saurait être plus frappant ni plus éloquent que tous ceux que fournit l'Ecosse. On ne peut sans frémird 'indignation,sans pleurer de douleur ,assister à la destruction systématique d'une race si belle,si sympathique,si généreuse, que 1~ race écossaise. Ce peuple si fervemment attaché à son sol.à ses vieux souvenirs,à ses anciennes coutumés,à ses usages séculaires: ce peuple, si peu égoïste, si hospitalier, est impitoyablement dépouillé de l'héritage de ses pères et chassé de ses foyers. Nos montagnards sont obligés d'émigreJ', d'aller implorer du travail dans les ateliers, fabriques et manufactures de ceux qui leur ont ravi leur patrimoine. Descapitalistes achètent nos terres, et deviennent peu à peu maîtres de notre chère patrie! ils transforment nos

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