La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

82ô LA REVUE SOCIALISTE nécessairement une toute autre direction. Actuellement les grandes lignes commerciales sont dirigées du côté des parasites vi·rnnt du tri but; ce sont surtout les grandes Yilles et les capitales qui sont lePgrandP-foyers clu cornrne1·cepuisque c'esLlit que résident les latifun- (liaires, les budgétivores, les grands capit,1listes, toute la classe yiyanL aux dépens du ti·axcül. Mais loesque, pae l'impôt unique sur le sol, les propriétaires seront obligés de faire Yaloir et cl'habiter leurs <lomaines; lorsque, pour les faire yaloir, les travailleurs seront rappelés dans les campagnes et remis p1·ogeessiYement en possession de la terre et rle tous les insL1·uments de production, c'est de ce côté que se tt·oun~ront les <lébouchéset que se tout·neea, le commerce. Au lieu de suine la <lit·ection des Yilles, les produits resteront en grancle pai-tie sur les lieux de production, et, clans tous les cas, n'en so1·tii·ont qu'en échange cle prnduits équiYalents. Les consommations rurales se déYelopperont en raison même cle l'élé- ·rntion du pouYoir d'achat. des classes laborieuses. Les centres 1n·incipaux. cl'acLivitéseront complètement rléplacés; ils seront <lans les campagnes au lieu d'être dans les villes. La révolution sera la même que si un tremblement <leterre avait <léplacé les habitants et les habitations. Ce qu'il y aura de pad.iculièrement rassueant dans cette réforme. c'est qu'au lieu d'être suiYie d'un ralentissement de _production et d'un appam-rissement général comme à la suite des grandes perturbations historiques qui ont vu disparaître de puissantes nations, nous aurons au contraire un élan spontané d'actiYité et de trayail qui elèYera à son maximum d'intensité la production des richesses. Il n'y aura clone pas diminution de commerce, mais simplement déplacement. Le commerce urbain perdra tout ce que gagnera le commerce rural; le commePcc extérieur diminuera de tout cc que progressera le commerce local. Nos débouchés R'élargiront au 1lcdans, pendant qu'ils s'amoincll-ieont au dehors; nos approvisionnements se rnnltiplieeont dans les campagncs ..ct repousseront ceux. clel'étranger. C'est sur ces dcmicrs points que nous devons insiste1·. Il est bien certain, en premier lieu, que notre réforme agraiee aura pour effet d'améliorer considérablement la situation économique des ti-aYailleurs, et pae conséquent de releYer leur pouvoit· d'achat et de consommation. Au lieu d'ayoir à chercher à l'étranger des débouchés pour leurs produits, nos cultiYateues et nos fab1·icants trotrrnront à les Yendre sut· place à leurs compati·iot.es al'riy~s à l'aisance. Nos de'bouche'rsuraux s'élargiront à un point tel, que nos producteurs seront toujom·s assurés du placement de leurs marchandises à l'intérieur, souvent même dan::;leuP rnisinage immécliat. Ils ne souffriront plus d'uné surproduction qui aujourd'hui n'atte8te qu'une chose : l'état maladif de notre société, l'anémie de nos class(es

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