La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

~ONGRiS INTERNATIONAL AGRAIRE 325 céder une journée de travail contre un morceau cle pain, n'est pas libre de fail'e autrement; l'échange qu'il contracte est fo1'céfle son côté, et. léonin du côté de l'employeur. Le propriétaire terrien qui perçoit ses rentes et fermages ne réalise pas d'échange: il pl'élèYe un tribut, tout comme les Turcs prélernient le t1·ibut sur leurs conquêtes. Tous les milliards perçus chaque année sur le trnntil par les hommes de guerre, par les capitalistes et les prop1·iétafres sous mille titres différents, représentent de.-importation. et exportations qui ne sont nullement des échanges ou des actes libecs. Leur donner le nom de libre échange comme on le fait aujotm1'hui, c'est abuser effrontément du langage. Lp.où il y a tribut, il n'y ni échange, ni libel'té, ni pat' conséquent libre échange. Tant que le tribut foncier existe1'a., le prétendu libre échange ne sern qu'une cluperie. Pour créee le libre échange, il aut commencer par détruire le teibut dans sa racine en prélernnt toute la rente foncière au prnfit de la communauté,~ous foeme d'impôt unique ainsi que nous l'ayons expliqué ailleurs. Ce n'est que lorsque le tribut terrien, le père de tous les tributs comme1·ciaux et industriels, de tous les tributs capitalistes et même militaires, era aboli, que l'on pourra parler de libel'té, d'échange et d'égalité. On se demandera sans doute ce qu'il achiendra du commerce en général, et du commerce extérieur en particulier, lorsqu'il sera purgé de tout le tribut qui, aujourd'hui, l'alimente en grande partie. Que deviendront nos importations et exportations, lorsqu'elles se borneront à des échanges vrais? Ces échanges augmenteront-ils suffisamment pour occuper toute la place du tribut disparu? C'est ce que nous allons examiner. Il est bien certain que la cessation du tribut produira un grand vide dans le monde commercial. A la chute de l'empire romain, le courant commercial qui existait alors, a été arrêté brusquement, et suivi.d'un état général de torpeur, qui a duré des siècles. N'en serat-il pas de même quand nos grandes nations industrielles n·auront plus de tribut à tirer de leurs possessions lointaines, quand nos grandes Yilles et capitales perdront le tribut qu'elles tirent cles terres, des fermes et de toutes les exploitations rurales qui les font Yivre? Le Yide immense qui se produira alors, neYa-t-ilpas replonger les sociétés clans un marasme comparable à la mort? Que cleYicndra la civilisation sans le commerce, qui en tait actuellement la splendeur? C'e:it ce qu'il importe d'examiner attentiYement, si l'on veut éviter des déceptions. Nul doute que la réforme agraire par le prélèYement social de la rente foncière, ne produise un bouleversement complet dans l'état général du commerce international et national. Les foyers de production et de consommi?.tionétant déplacés, les prodùits prendront

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