CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 323 circulation cles produits du t.raTail, obéit absolument a la loi de répartitio~ des richesses, et ne peut-être quo conforme a cette loi. Or, la répartition des produits étant actuellement aussi inégale et inique que la répartition de la propriété terrienne, la circulation des produits ne peut être elle-même qu'inégale et inique, le commerce actuel ne peut être que tyrannique et despotique comme la répartition. Nous voulons clone réformer et régulariser le commerce luimême, tant extérieur qu'intérieur, non pas <lirectement, car cela est impossible, mais en réfo1mant la base cle la répartition des 1·ichesses,en réformant l'impôt et la prnpriété terrienne. La circulation suit la répartition. Redresser lïmpôt foncier, c'est redresser le eommerce. Les lois commerciales actuelles sont aussi fausses que les lois de la répartition. Ceux qui veulent réformer les lois commerciales, avant d'avoir réformé les lois de la répartition sont comparables à ceux qui voudraient changer le cours de l'eau, sans changer le lit de la rivière. Le commerce ne peut apporter les richesses qu'à· ceux à qui elles sont destinées par les lois mêmes de la répartition fondamentale; il ne peut pas les apporter aux esclaves et aux prolétaires dépouillés de tous leurs droits légitimes. Quand la propriété du sol sera assurée à tous, et que chaque homme sera maître et propriétaire du fruit intégral de son travail, alors le commerce sera le serviteur de tous et de chacun, au lieu de n'être que l înstrument- de la fortune de quelques privilégiés. • Ce que nous voulons, ce n'est pas seulement le libre échange, c'est l'échange égal. Or, nous n'aurons l'égalité clans les échanges que si nous anivons à l'égalité clans la répartition des produits, à l'égalité dans la répartition de la propriété et cles impôts. Le véritable libre échange ne peut exister qu'avec l'égalité cleséchanges; le principe d'égalité doit passer, sinon avant, du moins en même temps que le principe de liberté. Or, l'égalité fondamentale étant l'égalité agraire et fiscale, c'est par cette égalité seulement que l'on arrivera au véritable libre échange. Il n'y a d'échange égal qu'entre hommes égaux. Sous le règne de l'inégalité agraire et fiscale que nous subissons encore aujourd'hui, le ~ommerce n'est pas toujours la réalisation d'un échange, mais le plus souvent l'exaction d'un droit tributaire. Quand Rome était maîtresse du monde, elle importait de Sicile, d'Espagne, d'Afrique, d'Egypte et d'autres pays soumis, beaucoup plus qu'elle n'exportait. Toutes les indemnité:- <le guerre donnent lieu à un mouvement commercial,qui se traduit du côté des vaincus par des exportations exclusivement, et du côté des vainqueurs par des importations non suivies de retour. Le commerce, ùans ce cas
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==