La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

322 LA REVUE SOCIALISTE temps où les besoins les rappellent et leur donnent ,léfinitiYcmcnt droit de cité. Depuis 1789, les réactions politiques ot économiques avaient effacé jusqu'au souvenir même des théol'ies égalitairns qui étaient appelées à régénérer de fon<l en comble la Yieille société aristocratique, et l'on en était anivé à ne plus considérer le système des physiocrates que comme un incident histoeique, bon tout au plus,à être classé au musée <lesanl.iquités. Et cepen(laot, ils ayaient raison ceux qui affirmaieut que la terre est le siège uniYersel de toute production, et qu'en cette qualité elli> doit être chargée de pourvoir à tous les besoins du Tl'ésor public. On n'a pas Yonlu le comprenclre. Le terrain, sans doute, n'était, J)as suffü,ammen t préparé; on n'avait pas assisté à la funeste expérience capitaliste et industrielle qu'il a été donné à notre génération clecontemple1·dans tous ses excés, et il a fallu atten(ll'e le retour de maux et clemisères plus grands que tous ceux. qu·antit produits l'ancien 1·égime1 pour en rechercher encore une foi • la n'aie source. ous l'ep1·enons aujourd'hui la tâche interrompue; nous reYenons à l'éternelle question agraire et fiscale dont les physioc1·a.tes n,yaient entrevu l'importance capitale. Mais cette fois, nous la mènerons a bonne fin. Pour nous, les questions de la terre et de l'impcît ne sont que les parties extérieures de la rélorme sociale; ce qu'au fond nous youlons, c'est l'égalité uniYerselle, c'est la justice pour tous, c'est la fraternité réelle entre tous les peuples. Nous voulons l'abolition de toutes les barrières éleYées par les despotismes enti-e les membres de la grande famille humaine. Parmi ces barrières, il en est une particulièrement sur laquelle je désire appeler votl'e attention, parce que d'abol'd elle cli,·ise les peuples autant et plus que ne le font les préjugés politique~ et les différences de langues; ensui te, parce qu'elle a un rappo1·t teès direct avec la question agraiee et fiscale, dont nous nous sommes occupés dans ce Congrès : je veux. parler tles douanes et du libre échange. Sur cette question, je n'admets pas qu'on puisse garder une attitude indifférente. Il y a trop ù'intérêts engagés dans tout ce qui se rapporte aux tarifs, à la concm·rence étrangère, au commerce extérieur, pour n'y pas prêtce une attention toute particulière. Il faut absolument pt'endre parti. Nous le ponYons d'autant plur,;aisément, nous partisans de l'impôt unique sue le sol, que nous apportons une solution non seulement complète et cléfinitiYe,mais rassurante, même pour l'opposition. Que voulons-nous, nous autres réformateurs cle l'impôt et de la propriété terrienne? Est-ce le déYeloppement du commerce extérieur tel qu'il fonctionne et s'épanouit actuellement? Pas le moins du monde. Nous .savons très bien que le commerce, c'est-à-dire la

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==