La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 321 chancre du prolétariat manquant ,le travail I C'est cette dernière plaie qu'elle songe à, extirper, en étudiant les moyens de faire l'opération sans se servir d'instruments tranchants oudét.onants.M.Henry Geqrge nous a fait connaître avec quelle taveu1· sont accueillies les doctrines pacifiques autant que radicales, simples autant que décisives qu'il a lancées dans le monde entier. Il est clone probable qu"après nous avoir donné l'exemple du re pect des principes répu• blicains, l'Union américaine nous précèdera encore dans la voie de.- solutions économiques et sociales. L'un des grands mérites de ce Congrès, Messièur ·, €St d'avoir fait ressortir la corrélation étroite qui existe entre les questions politiques et les questions économiques. Vous avez démontré l'influence considérable du système d'impôts sur toute la vie nationale. Il est visible, en effet, qu'en rrième temps que se développent les taxes indirectes, se multiplient aussi les crises agricoles et industrielles qui, dans notre pays, dégénèrent presque toujom·s en crises ministérielles et même gouvernementales.En Feance moins qu'ailleurs, on supporte sans p~otestation, les entrayes et les malaises du privilège et de l'injustice. Aucun gouvernement chez nous ne pom·ra tenir debout,tant que durera un régime fiscal absolument contraire aux intérèts, aux instincts et aux aspirations du peuple.Nos impots sont tellement vexatoires et onéreux, tellement inégaux. et inique·, qu'ils font haïr tout a la fois et les nombeeux. ageuts fiscaux chargés de les percevoir, et l'administration qui les emploie. Jamais un gouvernement ne pourra se maintenir,tant qu'un remède radical ne sera apporté a cet état de choses. Vous avez, Messieurs, dans ce Congrès, montré comment on peut résoudre le problème d'une manière pacifique et prompte.Si un jour le principe de l'impôt unique et métrique arrive a triompher, nous nous rappellerons que nous le devons principalement au grand citoyen qui s'en est fait l'apôtre universel. En attendant, nous vous proposons avec plaisir, de boire a la santé de M. Henry George. (Triple salve d'applaudissements). M. HENRY GEORGE Remercie le précédent orateur et toute l'assistance. Il fait allusion aux bons rapports, qui ont toujours existé entre Français et Américains. Vos pères, dit-il, ont aidé les nôtres a conquérir leur indépendance, et, après un siècle, nous nous rencontrons de nouYeau pour releTer le drapeau que vos illustres physiocrates : les Quesnay, les Turgot , les Dupont de Nemours, avaient si courageusement arl)oré. Pendant cent ans , ce drapeau a été systématiquement tenu _al'écart; mais on a beau vouloir ensevelir les idées justes dans la profondeur de l'oubli, il vient un 21

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