DES SERVICES PUBLICS 309 toutes sortes, rles voyages d'exploration, etc., ne se feront pas ou resteront inachevés, si l'Etat ou la commune ne se charge de rétribuer ceux qui y donnent leur temps et leur savoir; car aucune compagnie, encore une fois, n'ira risquer de rétribuer des travaux scientifiques qui peuvent n'aboutir à aucune découverte asse1,importante pour rapporter quelque bénéfice à cette compagnie. Si l'Etat ne s'en chargeait, la distribution des lettres et des journaux. pourrait-elle se faire, dans les localités presque désertes, dans les endroits écartés où le personnel coûte plus que la recette ne peut rapporter? Il est vrai que les économistes qui tendent à remettre les senices publics aux mains de compagnies particulières, admettent qu'actuellement un grand nombre de ces services publics ne peuvent encore être exécutés que par l'État, la province ou la commune (routes, phares, ports de mer, etc.); mais que précisément le progrès économique a pour résultat, en même temps que pour condition, de diminuer de plus en plus l'intervention administratiYe, et d'accroître le nombre de branches qui peuyent être rlu ressort rle l'industrie privée. Les partisans de cette doctrine prétendent que les services publics seront toujours mieux faits et à moindres frais par des personnes intéressées directement que par des employés d'administrations publiques. Nous opposerons à ces économistes les arguments d'un autre économiste, de Stuart Mill, qui se permet de ne pas être complètement de leur avis : « Il est un granrl nombre de cas, dit Stuart. Mill, dans lesquels les particuliers ne peuvent gérer les intérêts que par des délégués, et dans lesquels l'administration dite particulière n9 mérite guère plus le nom d'administration par la personne intéressée, que si elle était remise à un fonctionnaire public. Tout ce qui, abandonné à la liberté, ne peut être fait que par des , sociétés commerciales, serait souvent aussi bien fait, et quelquefois mieux., même sous le rapport du traYail, si l'État lui-même l'exécutait. Le caractère joueur, le défaut de soin, et l'incapacité de la gestion de l'État sont passés eu proyer be; mais l'administration des grandes compagnies de commerce a présenté le même caractèr<:.:. Il est vrai que les directeurs d'une compagnie sont toujours actionnaÎI'es; mais les membres du gouvernement sont aussi toujours contribuables, et lorsqu'il s'agit des directeurs aussi bien que lors-. qu'il s'agit des membres du gouvernement, leur part dans les bénéfices d'une bonne gestion n'est pas égale à l'intérêt qu'ils peuvent avoir à mal gérer, sans parler de celui de leur repos. On peut objecter que les actionnaires assemblés exercent un certain contrôle sur les directeurs, et ont presque toujours le droit absolu de les destituer. Toutefois, dans la pratique, la difficulté d'exercer ce droit
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