308 LA Rll:VUE SOCIALISTE industrielles des découvertes de la science, grâce à la diminution des frais d'exploitation et à l'accumulation de capital qui résulterait de ce déYeloppement du machinisme et de cette application des découvertes scientifiques de tout genre, ces compagnies ouvrières, propriétaires d'un vaste matériel perfectionné, disposant d'un monopole naturel ou artificiel que la société leur aurait abandonné, ne tarderaient pas à dominer toute la situation économique, comme leurs aînées les compagnies financières. Sans doute, on nous dira que les concessions ne se feraient que moyennant certaines conditions, et que les cornpagnies ouvrières, en acceptant la concession, seraient liées par un contrat. Mais les compagnies de capitalistes à qui l'Etat a concédé des houillères, des lignes ferrées, etc., sont aussi liées par un contrat; cela les empêche-t-il de distribuer de gros dividendes à leurs membres et d'écumer le plus clair de la l'ichesse publique? Du moment que les compagnies auxquelles vous concédez un monopole quelconque sont propriétaires ùe leur matériel d'exploitation, quel est le contrat qui viendra leur défendre d'améliorer ce matériel, d'économiser les frais, de ne pas renouveler le personnel à mesure que les décès viendront le diminuer, d'accumuler enfin des capitaux, de devenir, en un mot, une nouvelle classe privilégiée? Nous aurions eu ainsi tout simplement le malin plaisir de substituer une aristocratie ouvrière à l'aristocratie bour - geoise, comme nos pères ont substitué une aristocratie bourgeoise à la Yieille aristocratie nobiliaire. Nous dira-t-on qu'il n'est pas nécessaire que ce matériel appartienne à la compagnie ; qu'il peut être fourni à la compagnie par la grande collectivité sociale, et rester la propriété inaliénable de cette dernière ; et que dès lors les améliorations résultant des progrès de la civilisation auraient lieu en faveur de ·la société entière; nous admettons ceci, mais alors ces compagnies ne sont plus vraiment des compagnies concessionnaires, mais des entrepreneurs associés se chargeant simplement de l'exécuaon de certains services publics pour le compte de la société (représentée par la commune, la province, le canton, l'Etat, et.c.) Or, ceci, nous y reviendrons plus loin, quand nom, chercherons à déterminer comment les services publics devraient être exécutés. Est-il néeessaire aussi de faire remarquer qu'une foule de serYices publics ne seraient point exécutés, si les frais n'en étaient payés par le public, c'est-à-dire si l'État ou si la Commune ne s'en chargeait? Nous citerons, comme exemple, la construction et l'entretien des phares, des bouées, etc., pour la sûreté de la navigation. Comme il n'est pas pratique d'exiger que les navires qui se trouvent en mer et qm profitent de la présence d'un phare, soient obligés de payer pour s'en servir, aucune compagnie n'élèvera des phares par intérêt particulier. Beaucoup de recherches scientifiques de
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